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Pygmalion très convaincant par Christophe Rousset et Cyrille Dubois

À emporter, CD, Danse , Opéra

Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : Pygmalion. Acte de ballet (1748) sur un livret de Ballot de Sauvot d’après Houdar de la Motte ; Suite d’orchestre Les Fêtes de Polymnie (1745). Cyrille Dubois, Pygmalion ; Marie-Claude Chappuis, Céphise ; Eugénie Warnier, Amour ; Céline Scheen, La Statue. Arnold Schoenberg Chor, Les Talens Lyriques, direction : Christophe Rousset. 1 CD Aparté AP155. Enregistré au Theater an der Wien du 20 au 27 janvier 2017. Durée : 72:06

 

Les Clefs du mois

Jean-Philippe-Rameau-Pygmalion-Les-Talens-Lyriques-Christophe-Rousset-714x714Œuvre de Rameau parmi les plus connues de ses actes de ballet, cet excellent Pygmalion par et ses Talens Lyriques intéresse à plus d’un titre.

D’abord par l’excellence de sa réalisation, et son ensemble s’y trouvant à l’évidence dans leur jardin. Cette aisance résulte d’une longue expérience de cette musique, plus de 25 ans, et d’une affinité notoire avec ce compositeur.

La présence dans le rôle-titre de étonne dans ce répertoire, habitués que nous sommes de le fréquenter plus souvent dans Mozart ou Rossini. Une prise de rôle très convaincante au demeurant, et la confirmation éblouissante d’une carrière qui s’annonce particulièrement prometteuse.

Acte de ballet assez court, Pygmalion est ici couplé avec la Suite d’orchestre des Fêtes de Polymnie du même Rameau de façon à assurer d’un minutage assez copieux. Personne ne s’en plaindra ! L’argument de l’oeuvre est simple, Pygmalion est amoureux d’une Statue et se lamente sur cet impossible amour. Amour descend des cieux et donne vie à la Statue, immédiatement séduite par Pygmalion au grand dam de Céphise, l’amoureuse éconduite. Fin du drame, tout le monde est content et laisse place à la danse.

Dès l’ouverture Christophe Rousset donne beaucoup de rythme au récit par sa direction fougueuse. Suit un bel air « Fatal amour » où Pygmalion laisse s’épanouir un chant tout imprégné de douleur. y fait preuve d’une qualité vocale irréprochable, par la beauté du timbre, la clarté de la diction et la souplesse de la ligne. Une vocalité juste et facile, aussi à l’aise dans la déclamation que dans la virtuosité, qui ne se démentira pas jusqu’à son air final « Règne, Amour » plus virtuose. Les autres intervenants ne font, il faut bien l’avouer, que de courtes apparitions. La Statue de fait valoir son superbe timbre dans un court dialogue avec Pygmalion « Quel prodige… Que vois-je…Où suis-je ? ». donne à Amour toute la puissance de sa projection, tandis que la Céphise de parvient à nous faire sentir le drame qui l’étreint en quelques mot. Le Chœur est aussi fugace, accompagnant vaillamment le triomphe de l’amour, mais nous laissant un peu sur notre faim.

En dehors du rôle-titre, c’est bien évidemment la musique et la danse qui occupent le devant de la scène, menées d’une main souple et magistrale par Christophe Rousset, à la tête de son ensemble dont on soulignera la remarquable prestation faisant ressortir toute la beauté, l’élégance et la souplesse de cette musique dévolue à la danse, avec une mention particulière pour la flûte omniprésente.

En complément de programme, la Suite d’orchestre des Fêtes de Polymnie rajoute encore à notre plaisir…Un enregistrement à ne pas manquer !

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