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Un enthousiasmant Macbeth par Gianandrea Noseda

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 24-X-2017. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Macbeth, opéra en quatre actes sur un livret de Francesco Maria Piave et Andrea Maffei d’après la tragédie éponyme de Shakespeare. Version de concert. Avec Dalibor Jenis (Macbeth) ; Anna Pirozzi (Lady Macbeth) ; Marko Mimica (Banco) ; Piero Pretti (Macduff) ; Alexandra Zabala (Dame d’honneur) ; Alejandro Escobar (Malcom). Chœur du Teatro Regio Torino ; Orchestre du Teatro Regio Torino, direction : Gianandrea Noseda.

Gianandrea Noseda (2)Donné en juin dernier à Turin, dans une version scénique très remarquée d’Emma Dante, Macbeth revient à Paris, le temps d’une soirée, dans une version de concert époustouflante portée par une distribution vocale de haute volée et par la direction très narrative de à la tête de son Orchestre Teatro Regio Torino.

Encore légèrement handicapé par une intervention chirurgicale récente, le chef italien dirige tantôt assis, tantôt debout, sans que sa direction explosive et fougueuse n’en pâtisse, affichant dès l’Ouverture un tempo rapide et un phrasé tendu qui sent le drame et l’urgence. Une lecture toute en reliefs, où contrastes et nuances magnifient le chant et supportent le drame en donnant à la musique tout son potentiel d’évocation.

La distribution vocale ne souffre également aucune critique, et reprend pour l’essentiel la distribution turinoise, à commencer par (Macbeth) tour à tour conquérant ou veule, son timbre clair et sa tessiture étendue lui permettent d’assumer toutes les ambiguïtés du rôle, donnant toute la mesure de son désespoir dans son grand air du IV « Mal per che m’affidai ». Incontestable, Anna Pirrozzi (Lady Macbeth) est une habituée du rôle qu’elle a chanté sur les plus grandes scènes internationales. Son apparition fulgurante au I dans « Veni t’affreta » et sa « Luce sangue » du II impressionnent et révèlent tout à la fois, l’ampleur et la puissance de sa projection, sa vocalité d’une déconcertante facilité, ainsi qu’un timbre sombre en parfaite adéquation avec le rôle, porté par des aigus conquérants et des graves menaçants. (Banco) est la grande découverte de cette soirée, son air « Com dal ciel » du II soulève l’enthousiasme par la noblesse et la profondeur de son chant, tandis que (Malcom) interprète un « O, la paterna mano » d’anthologie gratifié de longs applaudissements. Enfin (Dame d’honneur) et (Malcom) ne déméritent pas dans les rôles secondaires et méritent, sans nul doute, notre attention future…

Le superbe chœur, parfaitement en place, et l’ Torino irréprochable (cordes somptueuses) sont également les indiscutables artisans de la réussite de cette version de concert, culminant dans un « Patria opressa » déchirant, vaste déploration poignante s’élevant dans un crescendo fervent et recueilli.

Cerise sur le gâteau, tous les chanteurs chantent sans partition, ce qui permet une mise en situation assez réussie permettant à chacun de faire montre de ses talents d’acteur.

En bref, une version de concert enthousiasmante où porte le Macbeth de Verdi sur des sommets, confirmant ses exceptionnelles qualités musicales !

Crédit photographique : Gianandrea Noseda © Steve J. Sherman

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