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Le Royal Ballet rend hommage à Kenneth MacMillan

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Londres. Royal Opera House,. 26-X-2017. A MacMillan Celebration : Gloria/The Judas Tree/Elite Syncopations. Chorégraphies : Kenneth MacMillan. Gloria par le Northern Ballet: Musique : Francis Poulenc. Décors et costumes : Andy Klunder. Lumières : Bill Besant and John B. Read. Orchestre et chœur du Royal Opera House, direction Peter Manning. The Judas Tree par le Royal Ballet : Musique : Brian Ellias. Décors et costumes : Jock McFadyen. Lumières : Mark Henderson. Orchestre du Royal Opera House, direction Koen Kessels. Elite Syncopations par les danseurs du Royal Ballet, du Royal Birmingham Ballet, du Scottish Ballet et du Northern Ballet : Musique : Scott Joplin, piano et direction : Robert Clark. Costumes : Ian Spurling. Lumières : William Bundy, reprises par John B. Read.

Cinq compagnies britanniques s’associent au pour célébrer le chorégraphe , 25 ans après sa mort, au Royal Opéra House de Londres. Un programme foisonnant et ambitieux qui permet une moisson de redécouvertes…

Cinq compagnies de ballet classique, le , le , l’, le et le et une compagnie contemporaine, le Yorke Dance Project, sont exceptionnellement réunies en ce mois d’octobre à la Royal Opera House de Covent Garden, à Londres, pour célébrer le 25ème anniversaire de la mort de . Le chorégraphe britannique, qui fut directeur artistique du Royal Ballet, a en effet inscrit de nombreuses œuvres au répertoire de l’illustre compagnie anglaise, dont certaines sont inconnues en France. Si Manon, Roméo et Juliette ou Mayerling, ses ballets en trois actes, sont connus et appréciés des publics européens, il a également chorégraphié des pièces courtes (dites « en un acte ») sur des thèmes plus sombres ou des musiques qu’il aimait.

C’est le cas de Gloria, chorégraphié en 1980 d’après le livre Testament of Youth de Vera Brittain, sur la génération sacrifiée de la première guerre mondiale. Le thème de la mort et des vies fauchées dans les tranchées est ici exploré sous la forme d’une lamentation. MacMillan a agencé une alternance d’ensembles et de duos ou trios d’une grande complexité, que les danseurs du (, Javier Torres, Ayami Miyata, Kevin Poeung et Matthew Koon notamment) rendent avec légèreté et de façon poignante. On y retrouve les portés horizontaux caractéristiques de MacMillan et une écriture masculine physique et sophistiquée d’une grande originalité.
Si le Gloria de Poulenc, interprété ici par le , dirigé par , et la soprano est toujours aussi intense, les costumes censés évoquer le deuil et la mort ont davantage vieillis. Les casques à bord plat des soldats britanniques et les coiffes de leurs fiancées et de leurs épouses, tout comme leur maquillage, n’étant pas des plus seyants. Ce ballet a cependant le mérite de mettre l’accent sur un épisode de l’histoire mondiale rarement traité dans la danse.

The Judas Tree est un peu le West Side Story de Kenneth MacMillan. Chorégraphié en 1992 pour le Royal Ballet, le tout dernier avant sa mort d’une crise cardiaque, à l’âge de 62 ans, c’est un puissant ballet masculin sur une partition originale de Brian Ellias, sur le désir, la jalousie et la rivalité amoureuse. Dans sa note d’intention, le chorégraphe se réfère à l’épisode du baiser de Judas, dans le Nouveau Testament, où Jésus est trahit par l’un de ses disciples. Il est cependant difficile de retrouver dans ce ballet à vocation plus universelle une véritable inspiration biblique. Sur un chantier, au milieu d’échafaudages et de carcasses de voiture (d’où le côté West Side Story), une femme fatale (interprétée par ) sème le trouble parmi les ouvriers. En jeans et torse nu, ceux-ci se disputent les faveurs de la blonde, qui finit par être violentée et tuée. Les passions et les rancoeurs se déchaînent alors entre le contremaître et ses amis, interprétés par Bennet Gartside, Matthew Ball et Calvin Richardson, conduisant au drame. Le ballet s’achève par une citation très nette du ballet de , Le Jeune Homme et la Mort, que Kenneth MacMillan admirait à ses débuts.
Chorégraphiquement, le drame est amené par des pas cassés et des postures géométriques. L’écriture de Kenneth MacMillan sert la puissance des corps masculins des magnifiques danseurs du Royal Ballet et les lignes exceptionnellement longues de , qui subjugue littéralement.

A l’instar du Concert de Jerome Robbins, le registre clownesque d’Elite Syncopations, dernier ballet de ce triple programme, nous plonge au royaume du kitsch. Vêtus de costumes loufoques et colorés, les danseurs issus de quatre compagnies de ballet britanniques sont réunis pour la première fois sur la scène du Royal Opera House. Les ragtimes de Scott Joplin et ses contemporains sont interprétés par un orchestre monté sur estrade et dirigé, du piano, par Robert Clark. Les musiciens aussi sont drôlement chapeautés…
Les morceaux de bravoure s’enchaînent avec humour, avec une mention spéciale pour le Hot-house Rag, un quatuor de danseurs du Royal Ballet, suivi du Calliope Rag interprété par une qui a véritablement du chien. Dérision et burlesque encore avec les couples constitués de Maureya Lebowitz et son partenaire Mathias Dingman, du , puis de Marge Hendrick et de Constant Vigier, du , avant de retrouver Kevin Poeung, soliste du Northern Ballet qui fait preuve de beaucoup d’esprit dans Friday night. La soirée s’achève en feu d’artifice multicolore par un Caractere Rag dansé par l’ensemble des interprètes.

Photos : © ROH, 2017. Ph. by Bill Cooper

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