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Suite de l’intégrale Tchaïkovski par Bychkov et la Philharmonie tchèque

À emporter, CD, Musique symphonique

Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie Manfred en si mineur op. 58. Orchestre Philharmonique Tchèque, direction : Semyon Bychkov. 1 CD DECCA Classics. Enregistré en avril 2017. Durée: 59’17

 

CD Bychkov Tchaikovski ManfredNommé cette semaine directeur musical de l’ pour succéder à Jiří Bělohlávek, poursuit avec cette formation pour Decca une intégrale de l’œuvre symphonique de Tchaïkovski. Après une Pathétique intéressante, il livre la plus rare mais néanmoins passionnante Symphonie Manfred.

Comme pour la Symphonie n°6 inaugurale au sein du Tchaikovsky Project (lire notre entretien), le chef russe et le Philharmonique Tchèque entrent dans l’ouvrage inspiré de Byron avec un son à la fois dense et grave aux cordes et des couleurs plus slaves et plus claires dans les bois et les cuivres. Par rapport à sa prestation de concert en décembre dernier avec l’Orchestre national de France, cet enregistrement paraît nettement plus abouti.

Dirigée avec des tempi amples mais sans excès de rapidité ni de lenteur, l’œuvre débute par un Lento funèbre sans surplus de pathos et pourtant bien traité dans la puissance de ses thèmes aux cordes, surtout aux violons. Ressortent également déjà les bassons puis une magnifique clarinette basse, avant que les violentes attaques du tutti ne développent en fin de mouvement l’un des thèmes les plus fascinants et les plus forts de Tchaïkovski, réutilisé à la fin de l’œuvre.

Le second mouvement Vivace con spirito présente une belle dynamique en plus d’un style joueur particulièrement adaptés à Tchaïkovski, ainsi qu’une gestion des équilibres parfaite, par exemple très supérieure au live de Vladimir Jurowski avec le London Philharmonic Orchestra dans le même ouvrage, tandis que la prise de son rend impeccablement la qualité de l’acoustique de la magnifique salle du Rudolfinum de Prague. Comme au premier mouvement, hautbois et piccolo apparaissent d’abord saillants. Puis les cordes traitent en volupté le thème de danse de la seconde partie, avec une belle mise en avant des pizzicati, tout en laissant apparents les accents nostalgiques nécessaires à cette musique.

Même constat dans un Andante con moto fluide avec un retour à un rythme énergique et là encore une superbe maîtrise des plans sonores et du rehaussement de certaines parties de cordes, sans jamais trop mettre en avant ni les cuivres ni les percussions, pourtant souvent ressentis trop forts dans cette œuvre dans nombre d’enregistrements. Ce beau coffret laisse présager d’une intégrale intéressante autant qu’intelligente, mais ne peut faire oublier la version du dieu Svetlanov pour Melodiya, en plus de celle, pour la curiosité, de l’unique prestation d’Evgeny Svetlanov devant les Berliner Philharmoniker, parue chez Testament. On attend maintenant par et Jean-Yves Thibaudet le Concerto pour piano n°1 dans la passionnante nouvelle édition critique, la même que celle enregistrée récemment par Kirill Gerstein !

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