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Concours Nadia et Lili Boulanger : de réels jeunes talents

Concours, La Scène

Paris. Salle du Conservatoire national supérieur d’art dramatique. 26-27-28-29-X-2017. Jury : Ronald Zollman (président) Gilles Cachemaille, Véronique Gens, Anne Grappotte, Raùl Herrera, Vincent Le Texier, David Lively, Felicity Palmer, Maciej Pikulski. Finalistes : Marianne Croux, Marie-Laure Garnier, Sophia Burgos ; sopranos. Jean-Christophe Fillol, Henry Neill ; barytons. Ambroisine Bré ;mezzo-soprano. Bianca Chillemi, Daniel Rudolph,Célia Oneto Bensaid, Somi Kim, Qiaochu Li, Daniel Gerzenberg ; pianistes.

ambroisine pré eric mercier

Le Concours international de chant-piano Nadia et récompense le meilleur duo dans le domaine de la mélodie et du lied. Des candidats de très bonne qualité étaient en lice pour  cette IXe édition.   

Ce concours possède une ambiance très particulière. Situé dans l’adorable petite salle à l’italienne du conservatoire national supérieur d’art dramatique, l’entrée libre permet un brassage du public particulièrement intéressant, avec lequel il fait bon discuter : professionnels de la musique, connus et moins connus, mais aussi musiciens en herbe, à peine sortis du conservatoire, venus supporter les « copains », qui apportent leur touche d’enthousiasme et de fraîcheur.

Le modus operandi est différent aussi. Il s’agit de récompenser, tous les deux ans, en hommage aux deux illustres sœurs, le meilleur duo piano-chant dans le domaine de la mélodie, c’est dire si l’accompagnement, la symbiose, prennent ici toute leur importance. Le programme est absolument redoutable. Pour les éliminatoires, chaque duo doit interpréter une mélodie et un lied imposés (cette année Begegnung d’ et le formidable le diable court dans la nuit d’Henriette Puig-Roget) ainsi que deux œuvres au choix. Pour la demi-finale, chacun doit présenter un programme comportant obligatoirement une œuvre de Bach, une mélodie de Fauré, un lied de Schumann ou Brahms, un lied de Mozart, Haydn ou Beethoven, une à trois mélodies en langue française, un à trois lieder en langue allemande, une à trois mélodies dans une ou plusieurs langues qui ne soient ni le français ni l’allemand. Les choses se corsent encore pour la finale, chaque duo doit présenter un programme choisi par le jury dans la liste des œuvres présentées et comportant obligatoirement l’œuvre contemporaine commandée spécialement à , Sonnet, sur un poème de Catherine des Roches, ainsi qu’une mélodie de ou de , et un choix de mélodies non interprétées en demi-finale. Les finalistes tiennent ainsi un véritable récital d’une demi-heure, et d’un niveau incroyable pour de jeunes musiciens qui ont tous moins de trente ans !

La médaille a son revers. Si l’on dénombre beaucoup de nationalités diverses (Allemands, Australiens, Belges, Britanniques, Chinois, Espagnols, Français, Hollandais, Indonésiens, Italiens, Japonais, Néo-zélandais, Polonais, Portugais, Suisses), on compte également dix-neuf sopranos pour seulement sept mezzos, trois barytons et deux ténors, et on ne peut s’empêcher de penser que quelque soit leur talent, il n’y aura pas de place pour toutes. Et du talent, il y en a à la pelle ! Car même lors des éliminatoires, on ne s’est pas ennuyé une seconde, on ne s’est jamais demandé ce que tel ou tel était venu se fourvoyer là.

Le grand prix de duo chant-piano a été attribué, et ce n’est que justice, à la mezzo , bien timbrée, d’une belle diction, et à la pianiste , d’une revigorante énergie. Et surtout, le tandem fonctionne admirablement bien. Elles ont également remporté le prix de la meilleure interprétation de Sonnet de . Ajoutons qu’il est particulièrement passionnant d’entendre six interprétations différentes d’une mélodie inconnue, ce qui permet de dévoiler la personnalité de chacun.

On est décidément en phase avec les choix du jury, puisque le prix du lied à été obtenu par la soprano américaine , qui nous a bluffé par sa vivacité et sa capacité à dessiner des personnages, comme dans un musical, et son accompagnateur , qui la suit au quart de tour.

Le prix de la mélodie a été décerné à la très élégante soprano et à Célia Oneto Bensaid.

Au fil des ans, ce concours a déjà récompensé des artistes tels que Chiara Skerath, Damien Pass, Raquel Camarihna, Tristan Raës ou Edwin Crossley-Mercer, que l’on peut entendre un peu partout dans le monde.

Vivement dans deux ans !

Crédit photographique : © Eric Mercier

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