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Le collectif Danza Región au musée des Confluences de Lyon

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Lyon. Musée des Confluences. 27-X-2017. Combate de negros en un sótano por la noche. Chorégraphie : José Luis Tahua Garcès. Danseurs du Colectivo Danza Región : Yonny Renteria Martinez, Leonardo Cuadrado Sierra, Leidy Galarcio Yanez, Sami Melendez Racero, Caelos Luis Zuniga Maza, Paula Aguilar, Andrès Moralès. Chanteuse : Darlina Saens Garcès. Misiciens : Professor Marino Sanchez Cuesta, Hermès Manuel Zuniiga Herrera, Darwin Palacios Coa-Guasa, Yeison Julio. Lumières : Jheison Castillo. Production : Ana Isabel Mercado.

Colectivo Danza Region © DRLe Combat de nègres dans une cave la nuit du collectif colombien «  » met en transe l’Auditorium du musée des Confluences à Lyon, en trois mouvements forts, mêlant danses traditionnelles, contemporaines et résistances, en un seul combat pour la mémoire de l’esclavage et contre l’oppression actuelle.

Nul n’est censé ignorer que la Colombie fut un tremplin d’esclavagistes, ayant conquis sur la peau de l’homme noir des arpents de terre certes, non des lettres de noblesse. En effet, il n’est jamais inutile de poursuivre le combat contre l’esclavage en l’inscrivant notamment ici dans la chair de l’homme qui danse tout au long de la nuit, et jusqu’à l’épuisement ; en l’occurrence lorsqu’il s’appuie sur les remous de la Colombie actuelle qui connaît d’autres formes d’esclavage, bien après l’abolition de ce dernier. Et comme partout par ailleurs.

Il est bon de penser, en voyant le titre de la création chorégraphiée de José Luis Tahua Garcès, à la pièce de Bernard-Marie Koltès, Combat de nègre et de chiens. Ici les esclaves noirs ne sont pas en chemise de nuit comme nous l’avons cru d’abord, ni en soutane sur une sonate, mais dans un sous-sol, comme dans ces cales sombres qui emportaient les esclaves loin de chez eux, irrémédiablement.

Sur la scène de l’Auditorium du musée, à l’architecture si décriée (et à raison) des Confluences, plongée dans la lumière, c’est le public qui est esclave dans le noir et regarde, médusé, la transe s’emparer des corps, en suivant les mouvements effrénés des sept danseurs colombiens, qui mirent la salle en émoi.

Dans cette toile de nuit en pleine lumière, se joue, dans le silence des corps dansés en transe, quelque chose de plus vaste que les seuls gestes qui nourrissent la pièce. Il en va de la mémoire sale de l’humanité et de son combat pour l’avenir. Les quelques gestes d’amour et de résistance sont simples, et repris à volonté, à la fin du spectacle même pour remercier le public en liesse, reconnaissant et sous le choc.

Les danseurs tournent, se meuvent, se détachent, se cherchent et se trouvent en se chassant. Sur une musique alliant rythmes traditionnels et sons plus contemporains, quatre musiciens en fond de scène, et dont la quasi immobilité contraste avec la volatilité des danseurs, donnent un chant qui élève ; mais c’est le poids du silence du combat que l’on retient, l’épaisseur même de la souffrance, qui transparait ici dans ce combat pour la dignité, pour l’amour et pour la résistance envers et contre tout.

Une belle manière de comprendre l’hommage que la France entend rendre cette année à la Colombie.

Crédits photographiques : © Maison de la Danse – Lyon

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