tous les dossiers(1)

Requiem de Verdi bouleversant par Muti à Cologne

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Cologne. Philharmonie. 4-XI-2017. Giuseppe Verdi (1813-1901) : Messa da requiem. Krassimira Stoyanova, soprano ; Anita Rachvelishvili, mezzo-soprano ; Franceso Meli, ténor ; Riccardo Zanellato, basse. Chœur de la Radio Bavaroise (chef de chœur : Howard Arman), Orchestre Symphonique de la Radio Bavaroise, direction : Riccardo Muti.

Riccardo-Muti-par-Silvia-LelliPoignant Requiem devant une salle comble : transcende le chef d’œuvre de Verdi.

Il n’y a rien à redire : ce concert est un événement. Dès les premières notes des violoncelles le ton est donné. Voilà une exécution des plus bouleversantes où précision et intensité, structure et émotion se marient d’une façon particulièrement heureuse. Le Requiem de Verdi est une œuvre éminemment théâtrale, et c’est bien ainsi que le présente . Le Jugement dernier arrive avec une force inouïe, les trompettes du « Tuba mirum » nous clouent à nos sièges. Mais le chef ne sombre pas pour autant dans la grandiloquence. Et il ne nie nullement le côté spirituel de la pièce comme le démontre, entre autres, un « Agnus Dei » d’une profonde intériorité.

Pour ce faire, Muti dispose de deux ensembles l’un plus excellent que l’autre. Le d’abord : quelle précision dans les attaques, quelle puissance lors des grandes éruptions, quelle beauté du son dans les passages les plus intimes ! L’ ensuite, phalange extraordinaire où le savoir-faire technique des musiciens égale leur sensibilité musicale.

Heureusement, les quatre solistes ne sont pas en reste. Si manque un peu de panache dans les moments les plus exposés, la pureté de son legato et ses aigus pianissimo forcent l’admiration. , remplaçant Elīna Garanča souffrante, exhibe une chaude voix de mezzo d’une rare puissance, capable néanmoins de superbes demi-teintes et se mariant idéalement à celle de la soprano. Franceso Meli, lui aussi, nous gratifie de mezze voci d’une rare beauté, brillant également dans les passages plus dramatiques. , enfin, ne dispose peut-être pas de la voix la plus exceptionnelle du monde, mais il est un excellent musicien se jouant, par ailleurs, des difficultés techniques de la partie de basse.

Le public, à la fin, se montre enthousiaste offrant une standing ovation à tous les musiciens et au chef chéri.

Photo : Riccardo Muti © Silvia Lelli

Banniere-clefsResMu728-90

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.