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L’Orchestre de Paris fête ses 50 ans : Thank you Mister Harding !

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Philharmonie. 1-XI-2017. 50e Anniversaire de l’Orchestre de Paris. Luciano Berio (1925-2003) : Sinfonia, pour huit voix et orchestre. György Ligeti (1923-2006) : Poème symphonique pour cent métronomes. Jörg Widmann (né en 1973) : Fantaisie pour clarinette seule ; Au cœur de Paris, création mondiale. Igor Stravinsky (1882-1971) : Symphonie de Psaumes, pour chœur mixte à quatre voix et orchestre. Claude Debussy (1862-1918) : La Mer, trois esquisses symphoniques. Franz Schubert (1797-1828) : An die Musik, D. 547, arrangement pour chœur et orchestre de Luciano Berio. London Voices, chef de chœur : Ben Parry. Chœur de l’Orchestre de Paris, chef de chœur : Lionel Sow. Orchestre de Paris, direction : Daniel Harding.

À la Philharmonie de Paris, lors d’un concert anniversaire fleuve au programme particulièrement éclectique, l’ et son directeur musical prouvent une fois de plus qu’il faut aujourd’hui compter avec cette formation sur la scène internationale, ainsi que sur le Chœur, magnifiquement préparé par .

Charles Munch aura dirigé l’ à peine plus d’un an avant de décéder dans son sommeil lors d’une tournée avec la formation aux États-Unis. Les débuts étaient alors marqués par un avenir incertain, rapidement éclairci par les figures de Karajan, puis Solti et très vite Daniel Barenboim, qui démontrèrent tous un réel désir de maintenir le nouvel orchestre en vie, et ce à un très haut niveau de qualité.

Après de nombreuses années dans des salles plus ou moins médiocres, de la terrible acoustique du Théâtre Mogador à l’exécrable – mais appréciée du public – Salle Pleyel, l’Orchestre possède maintenant un écrin digne de ce nom avec la Philharmonie de Paris. Il y fête donc logiquement son cinquantième anniversaire, accompagné par le nouveau directeur musical , et en débutant par une œuvre elle aussi cinquantenaire, la Sinfonia de Berio.

Le premier mouvement présente une battue précise du chef britannique mais pas encore assez de personnalité pour exalter cette fantastique partition, là où les huit artistes des London Voices invités pour l’occasion montrent leur maitrise totale du sujet, aussi référents dans l’œuvre que lors des dernières prestations, celles de Lille en 2013 puis des Proms en 2014. Les ‘’Keep Going’’ assénés au micro résonnent dans la salle pendant que l’orchestre se fait de plus en plus compact en même temps que plus libre pour laisser ressortir de la masse les mesures du Scherzo de la Résurrection de Mahler. Rassurée, la formation devient idéale pour mettre également en avant les parties du Sacre et celles debussystes de l’un des plus géniaux travail de collage de l’histoire de la musique.

Le temps d’un changement de plateau sous les douces sonorités du Poème Symphonique pour cent métronomes de Ligeti, et apparaît sur le balcon arrière-gauche de la salle pour développer l’une de ses pièces, la Fantaisie pour clarinette, avec une maitrise exemplaire de son propre instrument. Actuellement compositeur en résidence, il a écrit également pour l’occasion un ouvrage de circonstance, Au cœur de Paris, jolie piécette donnée en seconde partie, elle aussi basée sur une technique de collage en utilisant les airs célèbres des chansons de variété faisant référence à la capitale française.

De ce programme bien construit mais très dense, La Mer de Debussy, première œuvre jouée par la formation sous les mains de Munch, ne ressort pas comme la meilleure. Et si l’Orchestre de Paris y présente des couleurs idéales, notamment dans sa petite harmonie mais aussi dans la clarté de ses cordes pour développer les effluves marines de la partition, Daniel Harding comme l’an passé dans la Suite de Pelléas et Mélisande ne montre pas encore réellement d’affinité avec cette musique. Il reste distant face à sa puissance sans non plus appliquer un style particulier ou tenter d’en dégager particulièrement sa modernité. Cette remarque est nettement moins vraie pour la Symphonie de Psaumes de Stravinsky, sans aucun doute le plus beau moment de la soirée, avec un Chœur de l’Orchestre de Paris de grande qualité, préparé comme toujours par l’excellent . La netteté des phrases à l’orchestre tranche donc avec une retranscription exaltée du texte latin par la centaine de choristes présents sur scène derrière l’orchestre.

Le chœur revient une dernière fois pour An die Musik, d’abord composé par Schubert pour piano et soliste, mais donné ici dans l’arrangement pour grande formation de Berio. Un court mais beau discours de Daniel Harding précède cette dernière pièce du programme, avant un dernier moment de musique avec un Finale de L’Oiseau de Feu nettement plus coloré que celui qui retentit dans cette même salle un mois plus tôt sous la baguette de Simon Rattle. Comme diraient les Anglais : Happy Birthday Orchestre de Paris !

Crédit photographique © Cécile Dégremont

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