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In Vain de Haas à la Cité de la Musique

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris. Cité de la Musique. 10-XI-2017. Georg Friedrich Haas (né en 1953) : In Vain, pour vingt-quatre instruments. Ensemble intercontemporain, direction : Erik Nielsen.

Haas In Vain EIC2L’ donnait ce vendredi In Vain de , vaste partition spectrale d’une heure environ, avec un traitement lumineux adapté aux variations de la musique. Si l’interprétation sous la direction d’ est irréprochable, l’œuvre laisse dubitatif.

La musique spectrale s’est beaucoup développée en France, notamment avec Tristan Murail et Gérard Grisey, mais elle a également intéressé des compositeurs à l’international ; l’un de ses grands défenseurs aujourd’hui est l’artiste allemand . Cette technique musicale, qui utilise un langage microtonal afin d’appliquer d’infimes variations à un matériau sonore lors de ses évolutions au cours du temps, est défendue par Haas dans sa pièce In Vain. Pour accompagner les variations de la musique, la luminosité s’adapte elle aussi dans la salle, lors de cette soirée à la Cité de la Musique.

Haas nous conduit donc dans un dédale de plus d’une heure grâce à une œuvre composée en 2000 et créée à Graz en 2001 par Sylvain Cambreling et son Klangforum Wien. À Paris, en ce vendredi de novembre, le chef américain , directeur musical du Théâtre de Bâle depuis la saison passée, conduit vingt-quatre instrumentistes de l’ avec une rigueur et une maîtrise de battue qui n’occultent pas pour autant une véritable identité du rendu, notamment dans sa clarté. La pièce débute par les cordes, le piano et deux percussionnistes sur xylophones puis se développe avec de longues variations à l’ensemble, notamment les bois (flûte, flûte basse, hautbois, clarinette, clarinette basse, basson et saxophones) ainsi que quatre cuivres (cors et trombones par deux).

L’atmosphère qui s’en dégage présente de grands espaces sonores qui appellent l’auditeur à s’échapper par l’esprit dans des contrées désertiques, assisté par l’intensité lumineuse, de plus en plus faible au fur et à mesure que la pièce avance, allant même jusqu’à créer à plusieurs périodes un noir total. L’Ensemble Intercontemporain continue à jouer parfaitement malgré l’absence de lumière et maintient une partition prévue pour être apprise par cœur dans ces parties d’invisible. De nombreuses variations ont lieu pendant l’heure suivante et un passage plus complexe autour du silence, adapté sur les relances des cuivres aux environs du quart d’heure, sollicite particulièrement la concentration de l’auditeur.

Pour le reste, on peut rester quelque peu circonspect face à la longueur de l’œuvre, certes nécessaire pour utiliser un large spectre microtonal et jouer sur de nombreuses variations infinitésimales d’harmoniques, mais qui questionne tout de même sur le temps imparti, sauf à dire que la déconcentration dans l’écoute fait partie intégrante de la démonstration. Peut-être est-ce pour cela que la pièce se nomme In Vain (« En vain »), et qu’elle aura été programmée seule lors de ce concert, sans prélude ni suite, afin de laisser le public planer longtemps en état de demi-conscience.

Crédits photographiques : © Ensemble Intercontemporain

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