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Chopin interprété par Finghin Collins

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Frédéric Chopin (1810-1849) : Mazurkas op. 17 ; Nocturnes op. 32 ; Prélude op. 45 ; Ballade op. 52 ; Nocturnes op. 48 ; Polonaise-Fantaisie op. 61. Finghin Collins, piano. 1 CD Claves. Enregistré à Dublin en Irlande en mai 2016. Textes de présentation en anglais. Durée : 68′17’’

 

ClavesAprès l’excellent disque Chopin de Pollini, voici une autre parution consacrée à l’œuvre du compositeur polonais, par , qui mérite d’être retenue en raison de la qualité des interprétations.

, pianiste irlandais connu surtout pour avoir remporté le premier prix du Concours international de piano Clara Haskil en 1999, offre un récital varié de pages appartenant à des genres différents et écrites à diverses périodes de la vie de Chopin, proposées ici en respectant la chronologie du catalogue de l’œuvre complète de l’artiste.

Les Mazurkas op. 17, pour lesquelles le rythme n’est pas convenablement respecté (ce qui est le plus grand péché des pianistes du monde entier), ouvrent ce disque en plongeant l’auditeur dans un climat tantôt solennel (n° 1), tantôt nostalgique (n° 2-4). Les Nocturnes op. 32 et op. 48 sont à leur tour présentés avec modération, et tout à la fois, avec l’intimité propre à ce genre se distinguant par son caractère mélancolique et rêveur – destiné à ces salons aristocratiques de Paris dont Chopin était l’âme, selon le dire de Jean-Jacques Eigeldinger. On notera encore que le discours ne manque, sous les doigts de Collins, ni de la noblesse (op. 32 n° 2), ni de la tension dramatique (op. 48 n° 1) inhérentes à la plume inspirée du compositeur.

Le Prélude op. 45, telle une préfiguration de l’impressionnisme dont la conclusion « s’évapore – conformément à l’avis d’Alfred Cortot – dans le subtil chromatisme d’une fuyante cadence » (Aspects de Chopin, Albin Michel, 2010), est tissé par Collins avec une légèreté et une délicatesse raffinée du toucher. De même, d’ailleurs, que la larmoyante cantilène dominant les premières mesures de la Ballade op. 52, ainsi que certains moments « tranquilles » de la Polonaise-Fantaisie op. 61. Dans ces deux dernières pièces, cependant, le pianiste n’oublie pas de mettre en valeur – comme il faut, soit en respectant les indications de Chopin – le dramatisme et les émotions dont le naturel et l’intensité élevée renvoient au parcours discographique des plus grands interprètes de cette musique,  par exemple Josef Hofmann et Ignaz Friedman.

Ajoutons que la prise de son est en tout point magnifique, et permet à l’auditeur de se délecter de la richesse des harmoniques offertes par le piano Steinway dont l’artiste se sert dans cet enregistrement.

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