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Le Beethoven impérieux et héroïque de Papavrami et Guy

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Les dix sonates pour violon et piano. Tedi Papavrami (violon), François-Frédéric Guy (piano). 1 CD Evidence. Enregistré à Metz en novembre 2016 et mars 2017. Notice bilingue : français et anglais. Durée : 220’ 5

 

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Beethoven-sonatesMagistrale rencontre entre et , deux artistes en pleine maturité, cette nouvelle intégrale des sonates de Beethoven impressionne par sa puissance expressive, sa splendeur sonore et surtout la maîtrise rayonnante du style et du texte beethovénien dans un des cycles les plus accomplis du maître de Bonn. Somptueux album, digne de rejoindre les grandes légendes au panthéon du disque.

Corpus essentiel et sans équivalent dans l’histoire de la sonate pour violon et piano, l’ensemble érigé par Beethoven a toujours attiré les plus grands duos constitués. Disons-le d’emblée, celui formé par , à qui l’on doit récemment une intégrale majeure des trente-deux sonates avec piano et une intégrale dynamique et lyrique des sonates pour violoncelle et piano avec Xavier Phillips (Evidence Classics, Clef ResMusica), et dont les enregistrements récents témoignent tous d’un formidable accomplissement d’interprète, se place au sommet de la discographie récente. Un violon à la sonorité superbe (le stradivarius « le Reynier » prêté par la fondation LVMH), joué avec une assurance aussi conquérante et une perfection technique impeccable, soutenu en un vrai dialogue par un piano clair, à l’articulation précise et capable de relancer en permanence le discours, et l’on est conquis dès les premières mesures de la Sonate n°1.

Jamais dans la suite de ces trois disques gorgés de musique l’attention ne faiblit, l’éblouissante maîtrise technique n’est prise en défaut. On trouvera peut-être que cet esprit conquérant s’épanouit mieux dans une formidable Kreutzer, sommet non seulement du cycle mais aussi de cet album, que dans le tendre lyrisme de la Sonate Le printemps ? Mince réserve en regard d’une lecture qui parmi les gravures actuelles se place incontestablement au sommet, supérieure à notre sens aux intégrales de Faust-Melnikov tant l’évolution récente de l‘interprète allemande déconcerte souvent, ou Capuçon-Braley, d’un moindre rayonnement d’ensemble et d’une plus grande inégalité. Ici la lecture flamboyante de Papavrami n’hésite pas à prendre (et à dominer) tous les risques interprétatifs, toujours solidement soutenu par François-Frédéric Guy. Cette version à la fois héroïque, impérieuse et pleinement apollinienne sera, on l’a compris, désormais l’une des références d’un cycle où elle rejoint les miracles jadis signés Grumiaux-Haskil ou Perlmann-Ashkenazy.

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