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Carmen et l’Arlésienne par le Ballet de l’Opéra de Lyon

La Scène, ResBambini, Spectacles Danse, Spectacles Jeune public

Lyon. Opéra. 18-XI-2017. L’Arlésienne. Chorégraphie : Rolland Petit. Reprise par Luigi Bonino. Musique : Georges Bizet. Livret : Rolland Petit d’après Alphonse Daudet. Décors : René Allio. Costumes : Christine Laurent. Lumières : Jean-Michel Désiré. Répétitions : Gilian Wittingham.
Carmen. Chorégraphie : Roland Petit, Musique : Georges Bizet, Livret Roland Petit d’après Prosper Mérimée. Décors et costumes : Antoni Clavé. Lumières : Jean-Michel Désiré. Ballet de l’Opéra de Lyon.

OperaArlesienneCarmen33_copyrightStoflethPassions tragiques et pas de deux enlevés, Carmen et L’Arlésienne sont de retour, par le .

Yorgos Loukos, le directeur de l’Opéra de Lyon, a été l’assistant de à Marseille. Il a fait entrer Carmen et L’Arlésienne de Bizet, chorégraphiées par ce dernier, au répertoire du  en novembre 2015 et le reprend cette saison pour le bonheur de tous. Ces pièces accessibles et révolutionnaires à leur parution, n’ont pas vieilli tant la modernité de cette danse pourtant si foisonnante et si classique, s’allie à la pureté des sentiments décrits.

Dans un premier temps, le rideau s’ouvre sur le somptueux décor de Provence de L’Arlésienne en hommage à , auteur de la nouvelle ayant inspiré le livret : un beau champ ocre, une boule jaune pour le soleil et un ciel tourmenté à la Van Gogh. La grâce des danseurs du Ballet de l’Opéra de Lyon opère toujours. Un groupe de paysans, fonctionnant comme un chœur antique, commente de ses émois gestuels les remous intérieurs de Frédéric (), qui décidément n’aime pas Vivette (belle ), épousée par dépit après la trahison de l’Arlésienne enfuie. C’est un fantasme qui prend chair en danse. Un foisonnant tourbillon de plaisir et de dégoût ainsi qu’un hymne à l’amour idéal impossible dont la fin est tragique.

Après l’entracte, c’est Carmen qui arrive en force avec ses pas de deux et ses pointes en-dedans, laissant le spectateur, du plus petit au plus grand, médusé par tant de poigne. C’est qui incarne merveilleusement Carmen ce soir-là ; avec sa coupe garçonne, elle est tout autant Zizi Jeanmaire, première à tenir le rôle en 1949. Le chef bandit avec sa perruque rouge est incarné par , en parfait bouffon amadeusien, et la femme bandit (Elsa Monguillot de Mirman) est dévorante de vitalité. Bref, un régal d’intrigues en un dédale gestuel taillé pour l’opéra, et la force des sentiments passionnés qu’il distille. Carmen pointe et pointe en dedans, menaçant finalement l’homme qu’elle n’aime plus et qu’elle a pourtant retourné comme un gant, Don José (Edi Blloshmi), qui de brigadier, est devenu bandit et enfin assassin. À voir et à revoir, ces beaux enfants de bohème, sans loi.

Crédit photographique : © Stofleth / Opéra de Lyon

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