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Premier album réussi pour Camille Thomas chez Deutsche Grammophon

À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Musique symphonique

Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Concerto pour violoncelle n° 1 en la mineur, op. 33 ; Suite pour violoncelle et orchestre, op. 16b ; Samson et Dalila, Acte II : « Mon cœur s’ouvre à ta voix ». Jacques Offenbach (1819-1880) : Les Contes d’Hoffmann, Acte III « Barcarolle » ; Prière et Boléro pour violoncelle et orchestre, op. 22 ; Harmonies des bois, op. 76 n° 2 « Les Larmes de Jacqueline » ; La Vie Parisienne, Acte I « Je suis Brésilien ». Rolando Villazón, ténor. Nemanja Radulović, violon. Camille Thomas, violoncelle. Orchestre National de Lille, direction : Alexandre Bloch. 1 CD Deutsche Grammophon. Durée : 68’15 »

 

Camille thomas DG Saint-SaensLa jeune violoncelliste livre un premier enregistrement pour la firme Deutsche Grammophon, où elle renoue avec la tradition française de violoncelle dans le Concerto n° 1 et la Suite op.16b de Saint-Saëns, ainsi que dans des œuvres d’Offenbach, avec pour accompagnants , Rolando Villazón et Nemanja Radulović.

Il y a bien longtemps que Deutsche Grammophon n’avait pas produit un violoncelliste, qui plus est français : le dernier en date était, sauf erreur, , si l’on omet l’apparition succincte de dans le Concerto de Ligeti avec . À la jeune , franco-belge de vingt-neuf ans à peine, revient donc cette lourde tâche de continuité, mais elle parvient, dès le Concerto pour violoncelle n° 1 en la mineur op. 33 de Saint-Saëns, à montrer qu’elle possède les épaules – et l’archet – pour ce faire.

La pochette de l’album en forme de carte postale de vacances et le joli sourire de l’artiste pourraient faire croire à une duperie de label cherchant à vendre un physique plutôt qu’un phrasé, mais si les premières notes de l’Allegro non troppo du concerto rassurent déjà sur la qualité du discours, la puissance et la retenue du Molto allegro conclusif achèvent de convaincre. montre, avec son , qu’il saura assurer sans problème l’héritage de son aîné , même si le jeune chef cherche plus à accompagner la violoncelliste par un geste marqué que par un surcroît de légèreté et de couleur.

L’extrait « Mon cœur s’ouvre à ta voix » de Samson et Dalila, transcrit pour violoncelle et orchestre, ne pourrait mieux mériter son titre, tant ici le cœur semble effectivement s’accorder à la voix de l’instrument sous les doigts de Camille Thomas. La Suite op. 16b du même Saint-Saëns est une œuvre plus technique ; elle intéresse moins, même si elle présente encore une fois le superbe jeu de Thomas, notamment dans la qualité de la double-voix de la Gavotte, puis dans l’élégance de la Romance. Offenbach entre ensuite en jeu, et dans la Barcarolle, Camille Thomas trouve une autre jeune signature du label en la personne de Nemanja Radulović, d’une sensibilité parfaitement conforme à celle de la jeune artiste. Puis la violoncelliste reprend seule avec l’orchestre pour Prière et Boléro, l’opus 22 du même Offenbach, trop souvent relégué à l’opérette, alors qu’il fut également un ardent auteur d’œuvres pour violoncelle.

La dernière pièce est offerte comme un bis : l’extrait « Je suis Brésilien » de La Vie Parisienne est chanté par le ténor Rolando Villazón, au français aléatoire, mais appliqué sur les consonnes. On cherchera alors surtout à écouter une dernière fois le violoncelle, toujours superbe et encore plus joueur que dans le Boléro précédent.

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