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Balbastre et Rameau par Christophe Rousset à la Cité de la Musique

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris. Philharmonie 2 (Auditorium). 28-XI-2017. Claude Balbastre (1724-1799) : pièces extraites du Premier livre de pièces de clavecin ; Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : pièces extraites des Pièces de clavecin. Christophe Rousset, clavecin.

christopherousset.ignaciobarrios._mg_9019, l’un des plus fameux clavecinistes français d’aujourd’hui profite d’un instrument exceptionnel pour faire briller les musiques de Balbastre et de Rameau.

Le jeu sur instruments anciens, comme le propose tout au long de l’année la Philharmonie-Cité de la Musique, comporte des risques. On a ainsi vu en mai dernier Jean-Philippe Collard se battre avec une touche récalcitrante tout au long du Concerto « L’Égyptien » de Saint-Saëns. Plus récemment, le Gaveau joué par Abdel Rahman El Bacha a révélé ses faiblesses en plein concert. Heureusement, rien de tel avec le clavecin Goujon-Swanen, déjà joué quatre jours plus tôt par Aurélien Delage, et dont, certes, la mécanique a été refaite à l’identique en 2001. Un instrument hors du commun, doté de quatre registres, d’un jeu de sautereaux aux plectres en peau de buffle produisant un son très doux, et de mécanismes sophistiqués pour varier les combinaisons de jeux.

Des deux Dijonnais que a choisi d’honorer, le moins connu est le plus mis en avant. , protégé de , organiste également, a laissé une œuvre pour clavecin significative, quoique moins importante que celle de son aîné. Pleinement dans la tradition française, sa musique est brillamment écrite, expressive, et même volontiers démonstrative. Du pain bénit pour un claveciniste aussi précis et agile que Christophe Rousset, doté d’un instrument aux possibilités si étendues. Il excelle à rendre de manière subtile et claire à la fois le caractère de ces pièces, qui prennent le nom de grandes familles : la noblesse sans lenteur de La D’Héricourt, l’emportement tous jeux accouplés de La Marmontel ou La Brunoy marquée Allegro, le caractère noté « Fièrement et marqué » de La Boullongne, un fort beau rondeau long et recherché où l’alternance des jeux s’impose, ou, autre exemple encore, l’énergie pleine d’autorité de La Morisseau qui clôt le programme, marquée « Noblement ». Les mouvements de danse, omniprésents, ne sont pas effacés, mais Christophe Rousset exploite à plein les possibilités expressives de cette musique, qui vont bien au-delà.

Indéniablement, Balbastre séduit. Mais Rameau touche au cœur. Surtout lorsque l’on entame la partie consacrée à ce compositeur par Les Tendres Plaintes sur le clavier du haut. Puis ce sont Les Tourbillons auxquels ne manque pas une note, L’entretien des Muses, et le morceau de bravoure Les Cyclopes, tous remarquablement conduits, avec un jeu ciselé et sensible. Les affinités de longue date de Christophe Rousset pour apparaissent au grand jour. Et l’idée d’utiliser cet instrument d’exception, au son riche et brillant, est un plein succès.

Crédit photographique : Christophe Rousset © Ignacio Barrios

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