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John Osborn rend hommage à une légende du chant

À emporter, CD, Opéra

Giuseppe Verdi (1813-1901) : airs «  Je veux encore entendre ta voix » et « Ô mes amis, mes frères d’arme » extraits de Jérusalem. Gaetano Donizetti (1797-1848) : airs « Ange si pur » extrait de la Favorite ; « Oui j’irai dans leur temple » extrait des Martyrs ; « Bientôt l’herbe des champs croîtra » extrait de Lucie di Lammermoor ; air « seul sur la terre » extrait de Dom Sébastien. Hector Berlioz (1803-1869) : airs « La gloire était ma seule idole » et « Sur les monts les plus sauvages » extraits de Benvenuto Cellini. Gioachino Rossini (1792-1868) air « Asile héréditaire » extrait de Guillaume Tell. John Osborn, ténor. Kaunas State Chorus. Kaunas Symphony Orchestra, direction Constantine Orbelian. 1 CD Delos. Enregistré à la Kaunas Philharmonie (Lituanie) en septembre 2016. Notice (succincte) en anglais. Durée 61’31

 

DisqueIl est vraiment dommage qu’un disque de cette qualité, qui pose le ténor comme l’héritier incontesté de , ne comporte qu’une notice si pauvre, et uniquement en anglais. En d’autres temps, cet enregistrement aurait été célébré et promu en grandes pompes par un major de l’industrie du disque.

, donc, ténor français né en 1806 et disparu en 1896, à l’époque où l’Opéra de Paris était l’un des meilleurs et des plus créatifs du monde, est entré dans la légende principalement pour avoir abandonné l’émission des aigus en falsetone pour inventer le contre-ut en voix de poitrine. Ce n’est pas tout à fait vrai. En fait, il est le premier à l’avoir osé sur scène, pendant une représentation de Guillaume Tell, et à le généraliser, ce qui ne fut pas du goût de Rossini.

Mais surtout, en tant que premier ténor à l’Opéra de Paris, il a eu l’honneur de créer des œuvres composées par les plus grands : Verdi, Donizetti, Berlioz ou Rossini, pour la « grande boutique », parfois des refontes d’ouvrages italiens, parfois des créations originales, en particulier le Benvenuto Cellini de Berlioz qui fut un désastre. Ce sont celles-ci que propose dans ce magnifique enregistrement, en se posant comme son héritier direct, ce qui n’est malheureusement pas évoqué dans la fameuse notice.

Et encore, on peut se demander si le ténor américain n’est pas supérieur à son illustre modèle, car toute révérence gardée, ce dernier se retira des scènes à 43 ans, suite à la détérioration irrémédiable de sa voix, alors que son successeur en a aujourd’hui 45, et est en pleine possession de ses moyens. Il suffit d’entendre cet art des demi-teintes, cette palette de couleurs, ce raffinement du phrasé qui confine à l’érotique, ces aigus sains et rayonnants (jusqu’au contre-mi !) pour être pleinement conquis. La prononciation, plus appliquée que vernaculaire, s’adapte bien à cette intelligence de la musique. Pour l’accompagner, la direction de à la tête de la Kaunas Philharmonie sonne juste, quoiqu’un tantinet emphatique.

John Osborn, bien que terminant sur son cheval de bataille, un électrisant Asile héréditaire de Guillaume Tell, qu’il a déjà enregistré en intégrale sous la direction d’ en 2011, ménage habilement morceaux de bravoure et instants élégiaques, et il est aussi convaincant dans les uns que dans les autres.

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