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Le dream de Pretty Yende

À emporter, CD, Musique de chambre et récital, Opéra

Charles Gounod (1818-1893) : «  Ah ! Je veux vivre » » extrait de Roméo et Juliette. Gaetano Donizetti (1797-1848) : « Eccola! … Il dolce suono… Spargi d’amaro pianto » extrait de Lucia di Lammermoor et « Ah ! Tardai troppo… O luce di quest’anima » extrait de Linda di Chamounix. Vincenzo Bellini (1801-1835) « Sono all’ara … Vaneggia… Chi veggio? La regina! » extrait de La Staniera et « Oh, se una volta sola… Ah! Non credea mirarti… Ah! Non giunge uman pensiero » extrait de La Sonnambula. Giacomo Meyerbeer (1791-1864) « Dieu, comme cette nuit est lente … Ombre légère » extrait de Dinorah. Pretty Yende, soprano. Ilaria Sicignano, mezzo-soprano. Piero Pretti, ténor. Mattia Olivieri, baryton. Carlo Lepore, basse. Orchestra Sinfonica di Milano Giuseppe Verdi, direction Giacomo Sagripanti. 1 CD Sony. Enregistré à l’Auditorium de Milan en avril 2017. Notice en anglais, allemand et français. Durée 64’18.

 

CDDreams est le titre de ce nouvel enregistrement de . Et en effet, le destin de cette petite princesse issue d’une township d’Afrique du Sud a tout du rêve, elle qui s’est hissée à force de volonté et de travail sur les plus hautes marches de l’art Lyrique. C’est aussi le rêve d’un major du disque que de posséder dans son écurie une artiste d’un tel niveau qui puisse en même temps renouveler le conte de Cendrillon.

Car enfin, ce titre racoleur, après celui de son album précédent A journey, ces photos en robes glamour, ce répertoire, même, issu des plus grands tubes, dont la fameuse scène de la folie de Lucia di Lammermoor, tout n’est-il pas fait ici pour attirer le chaland sans grands risques ?

Ne nous méprenons pas. Ce que réalise est magnifique. Le timbre est celui d’un ange, la maîtrise technique absolue, la ligne élégante, la vélocité des traits de virtuosité sans faille, alors que cette soprano d’essence lyrique se meut dans une tessiture qui n’est pas tout à fait la sienne – à preuve, quelques suraigus évités ça et là. Mais combien, à l’heure de YouTube, avons-nous déjà d’« airs de la folie » dans notre discothèque, même si celui-ci s’agrémente d’une cadence originale ? Combien d’airs de Juliette, et par les plus grandes ? N’aurait-il mieux pas valu faire défricher à des terrains un peu moins explorés ?

Alors, on retiendra le plaisir d’écouter une voix enchanteresse, soutenue par la baguette sûre de , servie par un adorable minois, peut-être se proposera-t-on d’offrir ce CD à un vague cousin en manque d’initiation à l’opéra, et puis, on passera à autre chose.

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