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Deux concertos pour violon inédits par Maria Solozobova

À emporter, CD, Musique symphonique

Une révélation. Hans Huber (1852-1921) : Concerto n° 2 pour violon et orchestre. Paul Juon (1872-1940) : Concerto n° 2 pour violon et orchestre. Maria Solozobova, violon ; Collegium Musicum de Bâle, direction : Kevin Griffiths. 1 CD Sony S80320C. Enregistrements réalisés à Bâle les 27 et 28 mai 2016. Notice bilingue : allemand et anglais. Durée : 55’01’’.

 

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Huber-JuonSuperbe découverte de deux concertos romantiques de compositeurs suisses, inédits, mais dignes de figurer au répertoire, dans une interprétation de grande classe de la violoniste . Un disque passionnant et remarquable.

Superbe révélation en effet que ces deux concertos inédits dus à des compositeurs romantiques suisses peu connus chez nous et qui puisent leur inspiration dans les grands chefs-d’œuvre qui les ont précédés. Plutôt que de rabâcher les pages les plus connues du répertoire, la violoniste a choisi de sortir des sentiers battus ; le choix est payant !

« Une révélation », porte fièrement comme titre la couverture de cet album ; les seuls mots en français, au passage, puisque le texte de présentation intérieur n’est qu’en allemand et anglais… Qu’importe, car c’est vrai ! Plutôt que de nous proposer la énième gravure du couplage Bruch-Mendelssohn, Maria Solozobova, élève de Zakhar Bron, a choisi d’exhumer deux raretés suisses. En premier lieu, le second concerto de , dont on a connu et apprécié les huit symphonies (Sterling), se coule dans une forme lisztienne. Un seul mouvement d’une vingtaine de minutes, élaboré à partir d’une sonate antérieure, dans un langage au romantisme fiévreux, non sans inspiration.

, souvent surnommé le « Brahms russe », est né à Moscou où il fut le condisciple de Rachmaninov, mais il vécut la plus grande partie de sa vie en Suisse, pays dont sa famille était originaire. Son concerto est une page magnifique de forme plus classique, de belle ampleur et surtout d’une écriture très riche qui puise ses sources dans le concerto de Tchaïkovski.

Ces deux révélations sont en effet passionnantes pour tous les amoureux du violon, et défendues avec une maîtrise et un panache qui forcent l’admiration, bien soutenus de surcroît par l’ensemble bâlois et son chef manifestement soucieux de faire partager leur passion pour ces œuvres. Soyons honnête, ces deux concertos ne bouleversent en rien l’histoire de la musique, mais ce sont des pages superbes, magnifiquement écrites et dignes de figurer au répertoire, surtout lorsqu’elles sont comme ici interprétées avec conviction, technique et musicalité. La sonorité de Maria Solozobova est splendide et son style impeccable. Un disque passionnant et, d’une certaine façon, exemplaire, comme on aimerait en saluer plus souvent.

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