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Scriabine par Vasily Petrenko et l’Orchestre philharmonique d’Oslo

À emporter, CD, Musique symphonique

Alexander Scriabine (1872-1915) : Concerto pour piano en fa dièse mineur op. 20 ; Symphonie n° 2 en ut mineur op. 29. Kirill Gerstein, piano. Orchestre philharmonique d’Oslo, direction : Vasily Petrenko. 1 CD Lawo. Enregistré à Oslo les 23-27 mai et 30 mai- 3 juin 2016. Notice bilingue : norvégien et anglais. Durée : 76’35

 

scriabine_symph2_petrenkoPianiste exceptionnel, maître de la miniature inspiré par Chopin, s’oriente vers un langage plus radical au début du siècle.  Sa musique orchestrale – mais pas que – témoigne d’une personnalité inhabituelle et hors norme.

Son Concerto pour piano en fa dièse mineur de 1897 inaugure son travail orchestral d’importance. S’il n’est pas encore l’immense novateur à venir, il fait preuve, au-delà de certaines maladresses, d’un raffinement et d’un brillant certains et réussit la confrontation du soliste et de la masse orchestrale. Le mouvement lent Andante repose sur un thème donné aux cordes en sourdine suivi de quatre variations ; il n’est pas sans rappeler un certain Tchaïkovski. Et plus encore l’art de Chopin. Kirill Gertsein aborde l’œuvre  avec une volonté affichée de ne pas céder face à la mélancolie romantique du Concerto. Son jeu franc, viril et cristallin sert au mieux la partition d’un jeune homme de 25 ans.

L’Orchestre philharmonique d’Oslo, depuis plusieurs années au sommet de son art, donne toute sa mesure dans la Symphonie n° 2 en do mineur dont la création à Saint-Pétersbourg le 25 janvier 1902 sous la direction de Liadov révèle un créateur affranchi de l’influence plus ou moins palpable de Wagner, Liszt et Tchaïkovski et un pas décisif vers la mise en place d’un style paroxystique propre au compositeur russe. La baguette ferme et ductile à la fois du chef russe , illustre parfaitement la structure tripartite de la symphonie avec son généreux mouvement central lent. Des rythmes incisifs et tranchés, des passages dramatiques intensément lyriques, alternent et semblent déjà redevables de ses pensées philosophiques traduites par des exaltations personnelles et musicales ainsi que par des phases sensuelles et pensives. On préférera quand même la version de Peter Jablonski avec  le Deutsches Symphonie-Orchester  Berlin dirigé par Vladimir Ashkenazy en 1990-1995 (Decca).

Ces deux œuvres inégales de Scriabine affichent pour l’époque une certaine modernité qui sans être pesante ni militante donnent à l’histoire de la musique russe une saveur alléchante.

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