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Avec Simon Rattle et le LSO, Le Chant de la terre à Luxembourg

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Luxembourg. Grand Auditorium de la Philharmonie. 19-XII-2017. Richard Strauss (1864-1949) : Metamorphosen, étude pour 23 cordes solistes op. 142. Gustav Mahler (1860-1911) : Das Lied von der Erde. Simon O’Neill, ténor ; Christian Gerhaher, baryton. London Symphony Orchestra, direction : Sir Simon Rattle.

10Lecture brillante, chatoyante et colorée de la partition de Mahler. Après le passage des Wiener Philharmoniker en 2015, le trouve ses marques.

Après Paris, la tournée de Sir et du se poursuit avec le passage par le Grand-Duché de Luxembourg. Seule œuvre commune au programme, les Métamorphoses de jouées selon une lecture plutôt légère et théâtrale qui ferait presque penser par son effectif instrumental à l’orchestration, inhabituelle également, de Ariadne auf Naxos. Vision résolument optimiste donc, d’un lyrisme inhabituel, qui évoquerait davantage la reconstruction à venir que les ravages de guerre qui ont marqué les années passées. En tout état de cause, les cordes du LSO font merveille dans cette œuvre atypique et originale, qui semble marquer l’adieu définitif au post-romantisme hérité du dix-neuvième siècle.

La pièce maîtresse du concert était évidemment constituée du chef d’œuvre de , très attendu après l’interprétation dans la même salle, il y a moins de deux ans, par les Wiener Philharmoniker. On ne saurait d’ailleurs imaginer lecture plus contrastée… À la vision nerveuse et musclée, totalement dénuée de sentimentalisme, proposée par la formation viennoise, succède une lecture infiniment colorée, presque clinquante, de la partition de Mahler. Version moins intellectualisante, sans doute, mais parfaitement maîtrisée sur le plan rythmique, toujours chatoyante sur le plan instrumental et ménageant à tout moment l’ouverture de l’esprit sur l’imaginaire. Rattle, dans un tel ouvrage, est évidemment comme un poisson dans l’eau. Dans une telle optique, les trois interventions de la voix de ténor trouvent toute leur place, d’autant plus que l’instrument clair, puissant et brillant du Néo-Zélandais Simon O’Neill, convient idéalement à cette lecture presque extravertie de la partition. , avec sa diction impeccable et son intonation parfaite, atteint quant à lui des sommets d’intériorité qui confèrent à l’œuvre toute son intensité émotionnelle. Après les sortilèges vocaux et les trésors de legato de en 2015, on se félicite que la même génération puisse entendre dans le même ouvrage des barytons d’une telle qualité, et aux spécificités aussi différenciées.

Crédit photographique : et Sir © Sébastien Grébille

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