Fondation Bettencourt megaban2018

Boston Symphony, orchestre d’élite

À emporter, CD, Musique d'ensemble, Musique de chambre et récital, Musique symphonique

Boston Symphony Orchestra – The Complete Recordings on Deutsche Grammophon. Œuvres de Béla Bartók (1881-1945), Ludwig van Beethoven (1770-1827), Alban Berg (1885-1935), Hector Berlioz (1803-1869), Johannes Brahms (1833-1897), Benjamin Britten (1913-1976), Elliott Carter (1908-2012), Emmanuel Chabrier (1841-1894), Dimitri Chostakovitch (1906-1975), Claude Debussy (1862-1918), Antonín Dvořák (1841-1904), Manuel de Falla (1876-1946), Gabriel Fauré (1845-1924), Alexandre Glazounov (1865-1936), Charles Gounod (1818-1893), Sofia Gubaidulina (née en 1931), Paul Hindemith (1895-1963), Gustav Holst (1874-1934), Charles Ives (1874-1954), Franz Liszt (1811-1886), Gustav Mahler (1860-1911), Felix Mendelssohn (1809-1847), Norbert Moret (1921-1998), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Jacques Offenbach (1819-1880), Quincy Porter (1897-1966), Francis Poulenc (1899-1963), André Previn (né en 1929), Sergueï Prokofiev (1891-1953), Sergueï Rachmaninov (1873-1943), Maurice Ravel (1875-1937), Ottorino Respighi (1879-1936), Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908), Carl Ruggles (1876-1971), Arnold Schoenberg (1874-1951), Franz Schubert (1797-1828), William Schuman (1910-1992), Alexandre Scriabine (1872-1915), Bedřich Smetana (1824-1884), Johann Strauss II (1825-1899), Richard Strauss (1864-1949), Igor Stravinsky (1882-1971), Toru Takemitsu (1930-1996), Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893), Ambroise Thomas (1811-1896), John Williams (né en 1932). Divers solistes du chant. Gidon Kremer, Anne-Sophie Mutter, Itzhak Perlman, Gil Shaham, Paul Zukofsky, violon ; Mstislav Rostropovitch, violoncelle ; Roman Patkoló, contrebasse. Christoph Eschenbach, Krystian Zimerman, piano ; Trevor Pinnock, clavecin ; Simon Preston, orgue. New England Conservatory Chorus, Tanglewood Festival Chorus. Ensemble Tashi, Boston Symphony Chamber Players. Boston Symphony Orchestra, direction : Claudio Abbado, Leonard Bernstein, Charles Dutoit, Eugen Jochum, Rafael Kubelík, Andris Nelsons, Seiji Ozawa, André Previn, William Steinberg, Michael Tilson Thomas, John Williams. 1 coffret 57 CD Deutsche Grammophon 4797718. Code barre : 028947977186. Enregistré entre janvier 1970 et mai 2017 au Symphony Hall, Boston ; au Tanglewood Music Center, Lenox, Massachusetts. ADD/DDD.

 

dg_boston_symphony_3dFameux cadeaux de fin d’année ! Mais où donc s’arrêtera cette surenchère des coffrets chez les éditeurs ? À côté de certaines éditions, le coffret du  fait office de nain ! Mais que l’on ne s’y trompe pas : tout ici se situe entre l’excellence et l’exceptionnel, la qualité se substituant à la quantité…

Coïncidence sans doute, ce coffret, indirectement, fête le 100e anniversaire discographique de l’Orchestre Symphonique de Boston : en effet, c’est en octobre 1917 que sont accomplies pour la Victor Talking Machine Company (ancêtre de la RCA Victor) ses toutes premières gravures sous la baguette du légendaire Karl Muck (1859-1940) qui le dirigea dès 1906 avant d’être scandaleusement emprisonné en avril 1918 comme « sujet allemand dangereux », puis expulsé des États-Unis après l’armistice, alors qu’il était en réalité de nationalité suisse !…

Fondé en 1881 par un major mécène, Henry Lee Higginson, et hormis une seule gravure chez CBS de la Symphonie n° 1 de Roy Harris par Serge Koussevitzky en février 1934, l’illustre phalange resta fidèle à la RCA Victor jusqu’au mandat d’Erich Leinsdorf (de 1962 à 1969) inclus, en passant par celui très fécond de Charles Munch (de 1949 à 1962). Tout changea lors de la saison 1969-1970 qui vit l’arrivée non seulement du nouveau directeur musical du BSO  (1899-1978) et de son assistant  alors âgé de 25 ans, mais également de la Deutsche Grammophon Gesellschaft qui met l’orchestre et Steinberg sous contrat, une petite révolution dans le monde musical américain de l’époque… Steinberg ne reste que trois années à son poste, mais il nous lègue trois réalisations exceptionnelles : un disque Hindemith comprenant la Symphonie « Mathis der Maler », une interprétation impressionnante des Planètes de Holst n’ayant rien à envier aux références anglaises, une version grandiose d’Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss, le tout rehaussé d’une prise de son époustouflante !

C’est alors que la jeune génération prend le relais d’un Steinberg souffrant : chefs invités,  et  nous éblouissent par des Debussy inoubliables : le premier avec les Trois Nocturnes, le second avec les Images et le Prélude à l’après-midi d’un Faune, mais pas seulement, car des œuvres américaines sont confiées à ce chef américain surdoué, comme l’extraordinaire Sun-Treader de Carl Ruggles (1876-1971), version nettement supérieure à celle de l’intégrale Ruggles parue par après chez Sony-CBS. et Leonard Bernstein s’y joindront pour nous offrir respectivement des versions de Ma Patrie de Smetana et de la Faust-Symphonie de Liszt qui restent parmi les toutes grandes références.

, le successeur de Steinberg à Boston de 1973 à 2002, nous lègue ici une discographie très enviable de 33 CDs à laquelle il manque curieusement dans cette soi-disant « intégrale » une exceptionnelle Symphonie de Franck (en public, DG 4378272), le Concerto pour violon n° 2 de Chostakovitch et l’arrangement de ce dernier pour violon, fort dispensable il est vrai, du Concerto pour violoncelle de Schumann, le tout joué avec conviction par Gidon Kremer (en public, DG 4398902)… Que cela ne nous empêche pas de savourer une intégrale Ravel où il surpasse Munch (c’est tout dire !) ; des Respighi très colorés mais sans la moindre vulgarité ; de remarquables intégrales de la Damnation de Faust et Roméo et Juliette de Berlioz, et de ballets (Lac des Cygnes, Casse-Noisette, Roméo et Juliette) ; une interprétation idéale du Songe d’une Nuit d’Été de Mendelssohn avec comme récitante « M » de James Bond ! – l’excellente actrice shakespearienne Dame Judi Dench ; une superbe Symphonie n° 1 de Mahler où Ozawa fut l’un des pionniers à restaurer Blumine en deuxième mouvement ; un Concerto pour violoncelle n° 2 de Chostakovitch avec Rostropovitch, aussi indispensable que le n°1 avec Rostropovitch-Ormandy ; un disque Fauré de toute beauté, où la Pavane se déroule dans sa version chorale rarement enregistrée…

Il est également intéressant de retrouver dans ce coffret des œuvres concertantes de deux compositeurs américains que l’on n’attendait pas nécessairement dans ce domaine : André Previn et John Williams, respectivement interprétées avec panache par les violonistes Anne-Sophie Mutter et Gil Shaham. Mais surtout remercions Deutsche Grammophon de joindre au coffret les enregistrements publics extraordinaires réalisés à ce jour par  d’œuvres de Dimitri Chostakovitch (1906-1975), musicien de cœur du chef d’orchestre letton.

Enfin, pour faire bonne mesure et a posteriori compensation de l’absence des enregistrements précités, Deutsche Grammophon clôt son coffret avec l’ensemble des gravures accomplies par les Boston Symphony Chamber Players, ensemble à géométrie variable issu de l’orchestre et fondé en 1964 par le concertmaster  (1932-2015) sous la direction d’Erich Leinsdorf (1912-1993) alors directeur musical du BSO.  avait été l’un des lauréats attachants du Concours Reine Elisabeth de 1963, et le disque Debussy qu’il nous offre ici avec ses collègues enchante par la subtile poésie émanant d’une interprétation discrète et pénétrante. On peut en dire autant de bien, s’agissant des œuvres d’Antonín Dvořák (1841-1904), de compositeurs américains tels que Elliott Carter (1908-2012), Charles Ives (1874-1954), Quincy Porter (1897-1966), ou les pages d’Arnold Schoenberg (1874-1951), Johann Strauss II (1825-1899) et Igor Stravinsky (1882-1971).

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