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Chéreau à l’étroit au Palais Garnier

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Exposition : Patrice Chéreau, mettre en scène l’opéra. Palais Garnier, Bibliothèque-Musée de l’Opéra (Bibliothèque nationale de France). Jusqu’au 3 mars 2018.

expo chereauÀ l’occasion de la reprise de De la maison des morts à Bastille, l’exposition « , mettre en scène l’opéra » est présentée actuellement à Garnier en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France.

Hué à mort à Bayreuth en 1976, il est aujourd’hui le refuge de ceux qui n’admettent pas que la mise en scène lyrique ait d’autres ambitions que la reproduction inlassable des mêmes formules. , l’artiste inquiet en mouvement perpétuel, l’éternel marginal du monde lyrique, qui n’hésitait pas à l’occasion de dire le mal qu’il pensait du public de l’opéra, n’a certes pas mérité de se retrouver ainsi statufié, béatifié, enfermé dans cette dévotion confite, entamée de son vivant et intensifiée depuis sa mort en 2013.

L’exposition présentée à l’Opéra Garnier, dans les espaces exigus de la Bibliothèque-Musée de l’Opéra, ne peut faire mieux qu’un rapide survol des quatorze opéras qui constituent sa carrière, au fil d’un parcours strictement chronologique qui passe trop rapidement sur les spectacles des années 1970. L’Opéra de Paris, à l’exception de l’ère Liebermann (Les contes d’Hoffmann, Lulu), n’a pas vraiment réussi sa relation avec Chéreau, en passant notamment constamment à côté des grandes coproductions des dernières années après un Così inabouti : il n’y avait donc pas nécessité de rester dans l’enceinte du Palais Garnier, et cela aurait peut-être permis d’éviter la cacophonie ambiante des vidéos mal diffusées.

Du travail de Chéreau avec ses acteurs, de la manière dont il travaillait sur leurs corps, on ne voit pas grand-chose (une trop brève vidéo de répétition de Lucio Silla) ; de la minutie de son travail préparatoire sur les textes et les musiques, quelques documents en donnent une idée rapide ; et si on peut voir Pierre Boulez souligner à quel point sa mise en scène du Ring est mobile – une qualité essentielle du travail de Chéreau, fondée sur un travail émotionnel fort -, l’exposition est bien en peine d’en donner une idée : faute de place, les quelques photos des spectacles sont trop petites pour faire mieux que de servir d’aide-mémoire à ceux qui ont vu les spectacles, et les différents documents écrits présentés n’apportent pas grand-chose. Il est naturellement amusant de voir Chéreau, à la fin des années 1970 comme au début des années 2000, affirmer avec une même force qu’il n’a pas l’intention de continuer à mettre en scène l’opéra : les familiers des spectacles de Chéreau pourront se replonger dans leurs souvenirs, les autres feront bien mieux, à défaut de pouvoir encore les voir sur scène, d’en dévorer les captations.

Crédit photographique : Lella Cuberli et Patrice Chéreau pendant les répétitions de Lucio Silla au Teatro alla Scala, Milan 1984 © Luigi Ciminaghi, Piccolo Teatro di Milano, Teatro d’Europa

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