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La très divertissante Cenerentola de l’opéra de Lyon

La Scène, Opéra, Opéras

Lyon. Opéra. 23-XII-2017. Gioachino Rossini (1792-1868) : La Cenerentola, opéra en deux actes sur un livret de Jacopo Ferretti. Mise en scène : Stefan Herheim. Décors : Daniel Unger et Stefan Herheim. Costumes : Esther Bialas. Lumières : Phoenix (Andreas Hofer). Dramaturgie : Alexander Meier-Dörzenbach. Vidéo: fettFilm (Torge Möller et Momme Hinrichs).
Avec : Cyrille Dubois, Don Ramiro ; Nikolay Borchev, Dandini ; Renato Gerolami, Don Magnifico ; Clara Meloni, Clorinda ; Katherine Aitken, Tisbe ; Michele Losier, la Cenerentola ; Simone Alberghini, Alidoro. Chœur et Orchestre de l’opéra de Lyon, direction : Stefano Montanari.

Cenerentola-web-8-©Jean-Pierre_MaurinSpectacles idéaux de fin d’années par leur joie et leur humour, les opéras de Rossini demeurent des valeurs sûres, d’où cette programmation à Paris comme à Lyon pour une Cenerentola très réussie visuellement, malgré quelques surcharges, et servie par une distribution de qualité, mais qui expose les limites de l’Orchestre de l’Opéra national de Lyon.

Décidément, Rossini est à l’honneur pour les fêtes de cette fin d’année ; à côté du Comte Ory dans la remarquable production de l’Opéra Comique de Paris, l’Opéra de Lyon programme La Cenerentola. En coproduction avec l’Opéra d’Oslo, la mise en scène du norvégien privilégie la farce, quitte à frôler parfois (fugitivement toutefois) la vulgarité. Heureusement, l’ensemble vaut par son élan et sa vivacité, servis par de très beaux décors à transformation : des cheminées d’intérieur gigognes qui se métamorphosent en intérieurs de maison. Les costumes renvoient à un XVIIIe siècle de convention, à l’exception de celui de Cendrillon, déguisée en femme de service poussant un  chariot de produits ménagers. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle apparaît à l’accord final comme si tout n’avait été qu’un rêve (comme dans la mise en scène de Joan Font / Comédiants), en une inutile déformation de l’opéra. Quelques vidéos fort bien réalisées viennent parfois compléter l’ensemble en illustrant les paroles (notamment le premier air de Don Magnifico dans lequel il se rêve en âne…).

D’une distribution de qualité, on retient la vis comica de (Don Magnifico), l’émouvante prestation de dans le rôle-titre, superbe dans le célèbre air final, tout comme le charme du prince de . Les autres rôles n’échappent pas toujours à la caricature, comme le duo des deux méchantes sœurs de Cendrillon. Bonne prestation aussi du Chœur de l’Opéra de Lyon dont les membres sont grimés à l’imitation du portrait tardif de Rossini, costume que porte aussi lorsqu’il apparaît comme la divinité qui, de sa plume, écrit le destin des personnages. Reste l’orchestre, parfois à la peine devant l’écriture virtuose et exigeante de Rossini, sous la baguette de , musicien jusque là surtout remarqué comme violoniste baroque et qui sort de la fosse au début du second acte pour intervenir sur scène.

Malgré quelques alourdissements d’une mise en scène parfois surchargée, cette production est une réussite de plus à porter au crédit de l’Opéra de Lyon.

Crédits photographiques : © Jean-Pierre Maurin

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  • Benji Tristana

    Je vous trouve bien généreux. L’Opéra de Lyon, c’est autre chose. Ici, le metteur en scène et le chef d’orchestre sont vraiment dans la nullité. Pour les fêtes de fin d’année, il y eut « Le Roi Carotte » et « la Vie parisienne » qui étaient d’une toute autre envergure…

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