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Les Sauvages de Sylvère Lamotte par la Compagnie Lamento

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. MPAA/Saint-Germain – Maison des Pratiques Artistiques Amateurs. 18-XII-2017. Les Sauvages. Compagnie Lamento. Chorégraphe : Sylvère Lamotte. Assistant chorégraphique : Jérémy Kouyoumdjian. Création et interprétation : Youness Aboulakoul, Jérémy Kouyoumdjian, Alexandre Bachelard, Jean-Charles Jousni, Gaétan Jamard. Composition musicale originale : Youness Aboulakoul. Lumières : Arnaud Cabias.

SauvageSur la scène de la MPAA/Saint-Germain, questionne le rapport de l’individu au groupe en dehors de toute relation normée pour n’en garder que l’authenticité des corps sculptés par la lumière d’Arnaud Cabias.

Après Ruines, la poursuit sa réflexion sur les liens interpersonnels dans une pièce minimaliste, Les Sauvages. La mise en scène dépouillée traduit l’intemporalité du questionnement/objet de la pièce : « Que faut-il mettre en œuvre pour intégrer un groupe et par quelle violence en est-on exclu ? ». La création s’interroge plus fondamentalement sur la manière dont l’unicité de l’être s’intègre et s’exprime ou s’annihile dans une communauté définie par une volonté partagée.

L’œuvre chorégraphique de s’alimente des écrits de psychanalystes tels que Didier Anzieu et son « Moi-peau » ou encore de « l’Élément Humain » de Will Schutz, mais s’acquitte de l’exercice purement théorique des penseurs pour substituer le langage des mots à celui du corps. L’appartenance au groupe et les relations sont dénudées de tout artifice, la complexité liée aux conventions est abandonnée pour laisser parler et s’exprimer le côté primitif, archaïque et tribal de la chair.

Plus brute, à priori moins intellectuelle, la pièce libérée des mots n’en reste pas moins cérébrale. Hors du temps, ancrée dans l’espace, l’offre chorégraphique s’articule en une succession de tableaux de groupes. Sans références directes à des situations connues, les scènes dansées laissent pourtant une impression de déjà-vu : une émotion, une réaction, une intention qui raisonne, un souvenir inconscient qui voudrait rejaillir. Poussé dans ses retranchements, le public devient acteur. Impossible pour lui de rester passif en se référant à des schémas d’analyse préconçus. L’observateur se doit d’entamer sa propre réflexion au risque de s’y perdre et sans garantie de donner sens à cette projection dansée. Que l’indicible devienne dicible ou reste ineffable pour les individualités qui composent la salle, chacune d’entre elles n’en restera pas moins éblouie par la physicalité des danseurs présents sur scène et l’esthétisme d’un plateau destiné à mettre en valeur les corps pour solliciter l’esprit.

Crédits photographiques : © Judith Arazi.

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