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Trois des plus belles sonates françaises par Geneviève Laurenceau et David Bismuth

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Gabriel Fauré (1845-1924) : Sonate n °1 pour violon et piano ; Gabriel Pierné (1863-1937) : Sonate pour violon et piano ; Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Sonate n °1 pour violon et piano. 1 CD Naïve. Geneviève Laurenceau, violon. David Bismuth, piano. Enregistrements réalisés à Poitiers en avril 2013. Notice en français. Durée : 72’ 03

 

Paris-1900

Magnifique couplage de trois sonates françaises de la fin du XIXe siècle, qui procèdent toutes d’une même esthétique où l’élégance et la pudeur cachent l’émotion et la tendresse, superbement défendu par deux grands artistes dont l’entente nous vaut une leçon d’équilibre et de maîtrise.

Oublions un titre un peu racoleur, qui pourrait laisser croire à de la musique de cabaret. C’est bien trois chefs d’œuvre de la sonate française pour violon et piano qui sont réunis là. Loin de la passion brûlante de l’admirable sonate de Franck et de sa descendance (celles de Lekeu, Magnard, Ropartz et d’autres trop peu jouées comme celle de Lazzari), c’est un versant d’une pure élégance que cultivaient Saint Saens, Fauré et le méconnu Pierné ; sa sonate est au passage la seule achevée en 1900, les deux autres remontant à la fin des années 1870.

C’est cette élégance justement qui transparaît sous l’archet de qui fut pendant dix ans le premier violon solo de l’orchestre du Capitole de Toulouse avant de mener une carrière de soliste, superbement accompagnée par . Précédemment, ces deux artistes avaient déjà montré leur affinité avec la musique française fin de siècle (sonate de Magnard pour , de Dukas pour ). Passion tempérée par la pudeur, sensible dans l’admirable première sonate de Fauré, celle, la première aussi, de Saint-Saëns dont le second thème de l’allegro agitato initial, qui revient dans le final, aurait, dit-on, été le modèle de la fameuse « petite phrase » proustienne de la sonate de Vinteuil, ou dans les volutes mélodiques du chef d’œuvre de Pierné.

L’entente entre les deux musiciens, l’équilibre de leurs parties, sont exemplaires, tout comme la sonorité de Geneviève Laurenceau, pure et claire, s’avère parfaitement adaptée à ce style français. Par l’intelligence de son programme comme par la finesse de son interprétation, c’est bien un disque magnifique. Seul regret, son minutage aurait permis de graver également le mystérieux et superbe nocturne de que les deux artistes ont interprété lors du séduisant concert de présentation du CD donné à Paris au Bal Blomet en décembre dernier.

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