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Le Centre national de la danse rend hommage à Marius Petipa

Aller + loin, Danse , Expositions

Exposition Marius Petipa, Etoilement d’une oeuvre. Centre national de la danse, Pantin. Du 11 janvier au 23 février 2018.

Marius PetipaA l’occasion du bicentenaire de la naissance du plus russe des chorégraphes français, le (CND) exhume de ses archives une série de documents liée à . L’occasion de faire le point sur les travaux de recherche français relatifs à l’héritage et à la transmission des principes chorégraphiques petipiens.

Si cette exposition entre dans le cadre des manifestations organisées à l’occasion du bicentenaire de la naissance de (1818-1910), l’exposition présentée par le CND ne s’inscrit pas dans cette logique d’anniversaire. Il s’agit davantage de s’interroger sur la circulation et la transmission des principes chorégraphiques petipiens, à l’aune des réflexions de deux historiennes de la danse de renom, Sylvie Jacq-Mioche et Florence Poudru, et des recherches de deux jeunes doctorantes, Laetitia Basselier et Aurélie Bergerot. L’exposition, d’une taille limitée par les espaces du CND mal conçus pour accueillir des expositions de grande ampleur, ne retrace pas la vie de . Elle évoque en revanche son œuvre à travers des documents d’archives de natures diverses (partitions, programmes, photographies, dessins, archives audiovisuelles …) traitant la question de la transmission et de la réception de ses ballets, notamment en France où ils n’ont été représentés dans leur intégralité que tardivement.

La problématique de la transmission est abordée par l’intermédiaire des élèves de Marius Petipa, qui ont eu à cœur de transmettre son enseignement avec fidélité. De grandes danseuses et pédagogues comme Olga Preobrajenska, qui enseigna jusqu’à l’âge de 83 ans au studio Montmartre, mais aussi Vera Trefilova ou Lyubov Egorova sont évoquées à travers des vidéos d’archives ou des photographies. La diffusion des ballets de Marius Petipa en France met évidemment l’accent sur le rôle de Rudolph Noureev, qui a remonté les ballets de Petipa à l’Opéra de Paris et a largement contribué à établir leur notoriété en France : c’est le cas du Lac des cygnes, de Raymonda, de La Bayadère, de Casse-Noisette, de Don Quichotte ou encore de La Belle au bois dormant. L’accent est mis sur La Bayadère, considérée par Noureev comme le « chef-d’oeuvre de Petipa », sans lequel « il n’y aurait pas eu Le Lac des cygnes ». « La Bayadère est l’œuvre d’un Français. Elle appartient au patrimoine de la France. Je la ramène dans son pays », écrit Noureev, mettant en avant l’importance de l’héritage du chorégraphe français. Des images d’archives permettent de voir avec délectation Rudolph Noureev danser et un point d’attention est mis sur la sublime danseuse étoile , partenaire de Noureev. Une vidéo montre la danseuse interpréter la variation de la claque, extraite de Raymonda, et expliquer ce que danser aux côtés de Noureev impliquait : exigence, présence scénique, patience étaient les maîtres mots si l’on voulait exister auprès de ce danseur hors norme.

Un document rare et émouvant est présenté : la partition de Léon Minkus pour La Bayadère annotée par Rudolph Noureev. Une vitrine enfin s’interroge sur le succès des actes blancs et prend l’exemple de l’entrée des Ombres dans la Bayadère. L’exposition est ainsi truffée de documents passionnants et de pistes de réflexion sur l’héritage de Marius Petipa. Néanmoins, l’absence de panneaux explicatifs rendra certainement la visite moins explicite à un public non connaisseur de l’œuvre de Petipa. Un rappel biographique dans l’espace d’exposition en lui-même n’aurait pas été inutile. On regrette également qu’une exposition de plus grande ampleur, directement consacrée à la personne et à l’œuvre de Marius Petipa et non seulement sous le prisme de la transmission n’ait pas été prévue en France, à l’occasion du bicentenaire. La Russie, qui organise deux expositions, l’une au musée Bakhrouchine de Moscou, l’autre au musée national de Théâtre et de Musique de Saint-Pétersbourg, semble accorder une place plus importante au chorégraphe français qui aura le plus durablement et profondément marqué la danse classique.

Image libre de droit : Νikolai Gustavovich Legat (1869-1937) et Sergei Gustavovich Legat (1875-1905), »Рускій балетъ въ карикатурахъ », Caricature de Marius Petipa .

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