Fondation Bettencourt megaban2018

André Tubeuf, une vie avec Bach

À emporter, Essais et documents, Livre

André Tubeuf. Bach ou le meilleur des mondes. Le Passeur éditeur. 250 p. 19,50 €. Novembre 2017.

 

tubeuf_bachLe philosophe et critique musical livre une somme sur un compositeur qui l’inspire depuis le bicentenaire de sa mort en 1950.

a beaucoup à dire sur , son œuvre, ses interprètes, et la philosophie de Leibniz dont il voit dans la musique du Cantor de Leipzig comme une parfaite illustration. À la lecture de cet essai, on peut même dire qu’il s’agit d’une fervente passion qui l’anime. Le philosophe fait montre de la grande culture et de la pensée personnelle et foisonnante que l’on a déjà remarquées, par exemple dans son essai sur Beethoven. Mais malheureusement, n’a ni la rigueur du musicologue ni le souci de clarté du vulgarisateur. Si l’on peut apprécier la structuration de cet essai en courts chapitres thématiques, il faut déplorer la manière dont l’auteur conduit son propos, à coups de longues phrases enchevêtrées, à la ponctuation tourmentée et aux incises trop nombreuses. Le lecteur le plus aguerri ne pourra s’empêcher, passée la curiosité des premières pages, de trouver ce texte abscons par moments, voire presque tout le temps.

Sur le fond, la pensée d’André Tubeuf fourmille d’idées personnelles, notamment sur la manière de chanter Bach (passons pudiquement sur des réflexions de moins bonne venue concernant le clavecin ou la flûte). Mais, sur ce chapitre de l’interprétation, il est surprenant de constater que les références se limitent presque exclusivement aux années 1950 et 1960 (Glenn Gould, Wilhelm Kempff, Dietrich Fischer-Dieskau, Elizabeth Schwarzkopf, Adolf Busch, sans oublier l’inévitable Dinu Lipatti). N’a-t-on pas depuis ce temps profondément renouvelé la manière d’aborder Bach ? Gustav Leonhardt et Nikolaus Harnoncourt ne méritent-ils pas plus que de simples mentions ? Sans compter tous les autres, qui ne semblent même pas pris en compte.

Un ouvrage à conseiller aux inconditionnels de l’auteur, aux initiés et aux courageux.

tous les dossiers(1)

Mots-clefs de cet article
  • Martin Antoine

    Dommage cette évolution du style de Tubeuf qui au départ (années 80 ) était un excellent passeur , passionnant par son immense culture puis l’impression de tourner en rond ( peut être aurait-il du se limiter ?) avec de temps en temps des fulgurances éclaircissant notre compréhension d’une musique ou d’un interprète .

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.