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Moses Pendleton, l’illusionniste de MOMIX

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Théâtre des Champs-Elysées. 4-I-2018. MOMIX : Viva Momix Forever. Direction artistique et chorégraphie : Moses Pendleton. Codirection artistique : Cynthia Quinn. Costumes : Phoebe Katzin, Moses Pendleton, Cynthia Quinn. Sculptures : Alan Boeding. Accessoires : Michael Curry. Lumières : Joshua Starbuck, Howell Binkley, Moses Pendleton. Interprètes : Jonathan Eden, Jennifer Chicheportiche, Seah Hagan, Amanda Hulen, Morgan Hulen, Heather Magee, Sarah Nachbauer, Jacob Stainback, Jason Williams.

Viva Momix Forever 6 © Max PucciarielloLa compagnie est de retour à Paris avec une compilation de ses meilleurs tableaux, baptisée Viva Forever. L’art de l’illusion mené de main de maître…

Costumes et accessoires sont les instruments magiques de , le directeur artistique et chorégraphe de la célèbre compagnie américaine MOMIX. Des bâtons souples qui font ressembler les danseuses de Pléiades à des libellules, des bâtons lumineux pour la chaîne humaine de Light Reigns, des échasses et des chapeaux de gaucho pour Daddy Long Leg, l’étonnant trio argentin composé pour les 35 ans de la compagnie.

Côté costumes, puise aux racines de la danse moderne : les jupons froufroutants du French Cancan pour Marigolds, dans lequel les danseuses se transforment en fleurs de papier ; mais aussi les voiles iridescents de Loïe Fuller et d’Isadora Duncan pour Baths of Caracalla, un splendide et virevoltant ballet.

Le chorégraphe s’inscrit aussi dans l’histoire de la danse américaine, n’hésitant pas, comme Alwin Nikolaïs, à utiliser les illusions d’optique pour faire jaillir l’étincelle créative. Dans Tensile Involvement, ce dernier avait utilisé des rubans, des élastiques et surtout, projeté des lumières sur les académiques des danseurs pour faire surgir la magie. Moses Pendleton rend enfin hommage à la modern dance encore avec ces lumières à la manière de , qui démultiplient le mouvement ou grâce à la simplicité des bâtons et des gestes répétés, comme chez .

Mais le chorégraphe américain d’aujourd’hui n’oublie cependant pas d’être original en créant avec de larges bandes de papier froissé de véritables sculptures, auxquelles donne vie toute la compagnie dans Paper Trails. Cette créativité, cette inventivité permanente sont un contrepoids bienvenu à la tentation de la performance physique qui guette parfois les numéros les plus virtuoses ou acrobatiques, comme Table Talk, plus proche d’un exploit gymnastique que d’un spectacle artistique.

Sans costumes ou accessoires, le corps des danseurs de MOMIX se suffit parfois à lui-même pour créer l’illusion, dans des tableaux très purs, où Narcisse se réfléchit dans un miroir (Echoes of Narcissus) ou ne laisse voir que les bras mimant l’envol d’une bande d’oie grâce à la lumière noire utilisée dans Snow Geese.

En particulier dans la deuxième partie du spectacle, plus onirique, le directeur artistique de la compagnie parvient à nous emmener dans son étrange univers, dominé par un ciel étoilé entre ballons blancs aériens (Spawning), capteur de rêve (Dream Catcher) ou toile d’araignée couverte de rosée (Aqua Flora). Plus humain, plus proche, le tableau final If you need somebody révèle le véritable visage des danseurs pour un ballet joyeux et bondissant, doublé par des poupées de chiffon.

Crédits photographiques : © Momix Inc, Charles Paul Azzopardi, Max Pucciariello

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