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Pleins feux sur Thierry Alla et la musique spectrale

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Thierry Alla… un musicien à la conquête du timbre. Pierre Albert Castanet. Éditions Delatour France. 370 p. 2017.

 

castanet thierry allaPierre Albert Castanet livre une monographie complète sur sous la forme d’un manifeste en faveur du mouvement spectral, en insistant sur sa double postulation de renouveau esthétique et organique.

Les recherches en acoustique se sont accompagnées d’un questionnement sur la finalité même de la musique. Se tenant éloigné de tout dogme, Alla s’est frayé un chemin entre jeu de construction ou interpolation, exploration du son ou du bruit et virtuosité de l’exécution. Trois grands chapitres suivent la longue introduction : « Chroniques 1955-2015 » (biographie du compositeur) « Histoire des œuvres » et « la recherche musicologique » (les textes d’Alla).

naît à Alger en 1955. Sa famille déménage pour Libourne et le garçon se met à apprendre le piano. Sa fréquentation de l’église compte beaucoup également dans sa formation musicale, puisqu’il y chante et y entend l’orgue. Adolescent, il tâte de la guitare, du trombone et de la basse électrique. Sa vocation de compositeur se précise en classe de terminale. Il étudie à l’université de Tours, entre au conservatoire de Bordeaux en classes de composition et de musique électroacoustique, et, à l’été 1990, fait le pèlerinage à Darmstadt. Il y rencontre , qui l’admet ensuite comme auditeur au CNSMDP. Diplômé du conservatoire de Bordeaux, il se lance dans une thèse à Rouen, sous la direction de Pierre Albert Castanet. Son mémoire porte sur .

Alla reconnaît cette filiation : Debussy, Ravel, Varèse, Messiaen et Ligeti, tous compositeurs du timbre. Et, comme beaucoup d’autres musiciens, tels Scelsi, Berio, Ballif, Méfano, Jolas, etc., il a une forte attirance pour le saxophone, instrument neuf aux « qualités rares et précieuses » (Berlioz) dont il utilise les possibilités multiphoniques. Attaché à la forme autant qu’au matériau, il s’est tôt servi, à côté d’ensembles classiques, du dispositif électroacoustique, grâce auquel il maîtrise tous les paramètres de son écriture, dont la spatialisation du son. Par ailleurs, il puise souvent son inspiration dans la peinture, art où il trouve des analogies avec le sien, ainsi « la puissance de la couleur et son rôle formel dans la composition du tableau » chez André Derain, l’épaisseur de la matière chez Nicolas de Staël ou encore l’abstraction « basée sur la matière picturale et non sur un objet figuratif » chez Pierre Soulages.

Les pièces commentées, au nombre de soixante-deux, s’étalent de 1984 à 2016. Pour chacune d’entre elles sont données la nomenclature (un effectif réduit le plus souvent), les circonstances de la création et une étude. Les observations de Castanet y côtoient des citations du compositeur, parfois celles d’un interprète (le chef Jean-Marie Londeix ou, plus loin, en postface, la saxophoniste ), mais aussi d’écrivains (François Villon, Pierre Mac Orlan). Quelques extraits de partitions et schémas finissent d’éclairer cette description détaillée.

Les dix analyses du musicologue Alla, lorsqu’elles ne portent pas sur les ondes Martenot ou l’école de Bordeaux, concernent les œuvres ou les démarches de compositeurs tels , , , , et . Plusieurs photos de musiciens posant ou en concert agrémentent cet ouvrage sérieux (et parfois verbeux), qui s’achève par une bibliographie et une discographie.

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