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À Tarbes, ode à l’impressionnisme avec Vanessa Wagner et Marie Vermeulin

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Tarbes. Le Parvis, scène nationale. 25-I-2018. Claude Debussy (1862-1918) : En blanc et noir ; Petite suite ; La mer ; Maurice Ravel (1875-1937) : La Valse ; Ma mère l’Oye. Vanessa Wagner et Marie Vermeulin, piano

3La pianiste était de retour en terre pyrénéenne pour un récital avec , révélation pianistique de ces dernières années.

Les deux musiciennes ont rendu un hommage à Debussy et Ravel en jouant notamment La mer et La Valse dans leurs versions pour deux pianos, et en proposant également deux pièces pour quatre mains (Petite suite et Ma mère l’Oye), plus enfantines, quoique tout aussi captivantes. On retiendra comme fil conducteur de la soirée un travail extrêmement précis sur les nuances et l’expressivité. Les variations rythmiques, maîtrisées avec minutie et parfaitement symétriques, semblent parfois suspendre le temps, puis repartent avec fougue et énergie, dans une synchronisation toujours exacte. Les deux pianistes se sont promenées avec une facilité déconcertante dans des œuvres à la technicité exigeante.

Dans les pièces à quatre mains,  et  ont enchaîné les prouesses techniques, jonglé avec les octaves, et parcouru avec douceur, poésie, et espièglerie toute une série d’émotions. Dans les deux premiers mouvements de la Petite suite, on retrouve l’empreinte des Fêtes galantes de Verlaine, et chez Ma mère l’Oye, l’univers fantastique des contes de Perrault, avec des passages plus légers et parfois intrigants. Les thèmes des différents mouvements sont tour à tour mis en valeur par l’une ou l’autre des pianistes, dans une complémentarité qui semble couler de source.

La transcription pour deux pianos de La mer est singulière, mais exprime avec évidence les thématiques abordées dans les trois mouvements de l’œuvre. L’ondulation des arpèges du premier mouvement rappelle le mouvement des cordes et des flûtes qui symbolisent le flux et reflux des vagues, tandis que le deuxième suggère les profondeurs abyssales, soutenues par des éclairages verticaux qui viennent étoffer l’ambiance de ce véritable ballet aquatique. Enfin, le troisième mouvement signifie, comme dans l’œuvre originale, les prémices de la tempête se terminant par un foisonnement d’accords complexes. Au-delà de l’esthétique musicale très réussie, les deux artistes ont soutenu leur jeu d’un véritable spectacle chorégraphique du corps et des mains, avec grâce et détermination.

Dans La Valse de Ravel, les saisissants contrastes entre graves et aigus, ainsi que le parcours agile sur l’ensemble des touches du clavier, soulignent avec justesse l’intention du compositeur de signifier l’ambivalence, la complexité et la décadence de l’esprit humain.

Au terme de ce récital, le public fort enthousiaste a donc rappelé les deux musiciennes pour un dernier voyage sur les terres debussystes. La première pièce des Épigraphes antiques est venue clore ce programme avec la même symbiose et la même implication émotionnelle. Vanessa Wagner et Marie Vermeulin, véritables pianistes engagées, ont donné les preuves de leur forte personnalité musicale à l’occasion de ce concert de très belle qualité.

Crédits photographiques : Vanessa Wagner © Léonard de Serres ; Marie Vermeulin © Jean-Baptiste Millot

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