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L’Après-midi d’un foehn, spectacle poétique en famille avec Debussy

La Scène, ResBambini, Spectacles Jeune public

Paris. Philharmonie, salle de conférence. 28-I-2018. « L’Après-midi d’un foehn Version 1 », spectacle en famille par la Compagnie Non Nova. Conception et écriture : Phia Ménard. Création de la bande sonore : Ivan Roussel (d’après l’œuvre de Claude Debussy). Conception des marionnettes : Phia Ménard. Réalisation : Claire Rigaud. Interprétation : Jean-Louis Ouvrard

Apres-midi d'un foehn © Jean-Luc BeaujaultPour célébrer le centenaire de Debussy, La Philharmonie a organisé un week-end intense avec une vingtaine de concerts et autant d’activités, sous le titre de « Debussy 100 ». Parmi eux, certains étaient destinés aux jeunes publics, dont le spectacle L’Après-midi d’un foehn.

Le spectacle est en petit format, d’environ 25 minutes. Sur un plateau circulaire entouré de ventilateur, un homme élancé, habillé en manteau au col dressé, se promène lentement. Au sol, un sac en plastique de supérette. L’homme sort, très solennellement, des ciseaux et une bande adhésive de sa poche. Après quelques découpages et collages avec des gestes très cérémonieux, il allume un ventilateur, puis le sac, par magie, prenant la forme d’un petit bonhomme, commence à danser comme s’il était vivant ! Des chants d’oiseaux et des cris d’animaux s’entremêlent avec les notes de L’Après-midi d’un faune de Debussy, mais ici, il s’agit d’un « foehn », vent transalpin sec et chaud. Au bout d’un moment, l’homme sort d’autres sacs-bonshommes, et ces personnages exécutent une véritable chorégraphie à l’aide de sept ventilateurs. Quel étonnement de voir qu’avec seulement quelques petites manipulations à distance pour orienter le vent, ce procédé puisse insuffler l’âme à ces créatures simples et fragiles qui se meuvent et évoluent comme avec « volonté ».

L’homme tire maintenant de son manteau toutes sortes d’autres gnomes qui exécutent un grand ballet, en volant, en tombant, en s’enroulant l’un autour de l’autre, en se regroupant ou en se séparant… L’homme ouvre un parapluie, le retourne et « ramasse » tous les lutins dans la voûte inversée, mais ceux-ci sont trop malicieux : ils en sortent et s’en prennent à leur papa. Exaspéré, l’homme sort de nouveaux ses ciseaux, et découpe les créatures en les attrapant au vol.

Avec ces bonshommes, la créativité de (qui met actuellement en scène Et In Arcadia Ego à la Salle Favart) est vraiment ingénieuse. Ce simple objet du quotidien, si banal, montre tout d’un coup une poésie féerique, inattendue. Quand plusieurs « marionnettes » s’envolent, l’enchantement est tel que les petits spectateurs poussent des cris de joie, ceux-ci s’intégrant étonnement dans la musique de Debussy doublée par des bruits de jungle, puis par des musiques électroniques. Le seul regret est de voir à la fin tous ces petits génies déchirés, tombés les uns après les autres par terre…

Le spectacle, création de la , a reçu un Award au Festival Fringe d’Édimbourg 2013 dans la catégorie Physical/Visual Theatre.

Crédits photographiques : © Jean-Luc Beaujault

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