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Fanny Robilliard et Paloma Kouider, un récital autour de Szymanowski

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Claude Debussy (1862-1918) : Sonate pour violon et piano. Karol Szymanowski (1882-1937) : Mythes op. 30. Reynaldo Hahn (1874-1947) : Nocturne en mi bémol majeur. Maurice Ravel (1875-1937) : Sonate pour violon et piano n° 2. Fanny Robilliard, violon ; Paloma Kouider, piano. 1 CD Evidence. Enregistré en mars 2017 à Flaine. Durée : 55’58

 

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kouider_robilliard_szymanowski et signent un album sensible et inspiré, où des connexions subtiles relient la musique éminemment française de Debussy, Ravel et Hahn aux Mythes de .

Comme le suggère le visuel du disque où le nom du compositeur polonais se détache en rouge, les Mythes du jeune Szymanowski sont le cœur de ce programme de musique du premier quart du XXe siècle, qui s’ouvre et se se ferme par les deux sonates de Debussy et Ravel. Ces dernières ont coûté bien des efforts à leurs auteurs. était terriblement souffrant lorsqu’il acheva sa sonate, sa dernière œuvre marquante, un an avant sa mort. mit cinq ans à achever la sienne car il estimait les deux instruments « essentiellement incompatibles », et quand il y parvint en 1927, sa vie bascula dans la maladie qui allait l’emporter dix ans plus tard. Pour Szymanowski en revanche, les Mythes sont en 1915 une œuvre d’avenir d’un jeune compositeur de 33 ans qui s’ouvre aux sortilèges de l’orient au travers de l’éternité des thèmes antiques (Narcisse, Pan…). Pour y parvenir, il invente une nouvelle façon de jouer, sur les conseils de son ami violoniste Paweł Kochański. Les effets d’harmoniques, de glissandi, de tremolando, de violon s’envolant dans le suraigu, confèrent à cette musique une sensation de liberté, entre extase et onirisme, qui la rend fascinante. Aux touches d’exotismes de Mythes font échos les influences tziganes de la sonate de Debussy et de blues de celle de Ravel, liant ainsi le programme dans des teintes immédiatement séduisantes. Le rare Nocturne de , placé après les Mythes, poursuit la rêverie et offre une transition vers la précision ravélienne.

Les deux jeunes musiciennes, qui jouent déjà ensemble au sein du Trio Karénine, font rayonner une complicité heureuse (qui ne veut pas dire béate, ni facile). Leur délicatesse respire large, et elles font ressortir la saveur des accents extra-européens qui colorent ces partitions pour mieux nous emporter. L’effet de poésie et de légèreté presque narcotique qui se dégage de leur interprétation ne s’estompe pas au fil des écoutes.

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