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Les Carmen(s) vitaminées de José Montalvo

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Théâtre national de la danse Chaillot. 02-II-2018. Carmen(s) / José Montalvo. Chorégraphie, scénographie, conception vidéo : José Montalvo. Assistante à la chorégraphie : Joëlle Iffrig. Assistant à la chorégraphie flamenco : Fran Espinosa. Musique live : Ji-eun Park, Kee-ryang Park, Saeid Shanbehzadeh. Musique : Georges Bizet. Costumes : Sheida Bozorgmehr, assisté de Coumba Diasse. Scénographie, lumières : Vincent Paoli. Son : Pipo Gomes. Collaborateurs artistiques à la vidéo : Sylvain Decay, Franck Lacourt. Infographie : Sylvain Decay, Clio Gavagni, Michel Jaen Montalvo. Chef opérateur tournage : Daniel Crétois, assisté de Andrès Gomez Orellana. Avec Karim Ahansal dit Pépito, Rachid Aziki dit ZK Flash, Eléonore Dugué, Serge Dupont Tsakap, Samuel Florimond dit Magnum, Elisabeth Gahl, Rocio Garcia, Florent Gosserez dit Acrow, Rosa Herrador, Chika Nakayama, Ji-eun Park, Kee-ryang Park, Lidia Reyes, Beatriz Santiago, Saeid Shanbehzadeh, Denis Shitadé Ros dit Sitha.

démultiplie les visages de Carmen dans une version survitaminée et athlétique de l’opéra de , d’après la nouvelle de Prosper Mérimée. Créée à la MAC de Créteil, le spectacle est au Théâtre de Chaillot.

Quels sont les multiples visages de Carmen : Espagnole, Française, Coréenne ? Pour ne pas avoir à choisir, le chorégraphe aligne comme à la parade quatre danseuses flamenco et trois danseuses classiques un peu speed pour un parcours en accéléré du mythe de Carmen. Même démultipliée, la féminité agressive de Carmen s’expose d’abord en sous-vêtements rouge sang, avant de se poursuivre dans une débauche rythmique de zapateado forcenés et de tours en dedans. Les cigarières sont bien déterminées à en découdre et à mener les hommes par le bout du nez. Première entorse au féminisme pourtant revendiqué par le chorégraphe, si les femmes sont dénudées, les hommes, des danseurs de hip-hop pour l’essentiel, font seulement mine d’enlever leurs pantalons. Le match est déjà déséquilibré…

José Montalvo poursuit le spectacle à un train d’enfer, enchaînant les scènes de corridas ou de taverne, à grand renfort de vidéo. Seules les scènes les plus festives du Carmen de Bizet sont mises en scène bout à bout, dans un enchaînement qui n’offre que peu de temps plus calmes. Dans sa vision guerrière d’une Carmen libre et émancipée, José Montalvo en oublie la dimension tragique du personnage, qui mourra prisonnière de ses choix et victime d’un crime passionnel. Car Carmen, c’est d’abord une tragédie, un drame dont José Montalvo élide le côté noir. L’issue fatale de la nouvelle est expédiée en quelques mots, au détour d’une phrase, par le narrateur de l’histoire.

Faisant de Carmen une héroïne moderne, le chorégraphe a demandé à chaque danseur ce qu’elle représentait pour eux : la liberté, la sensualité, la puissance et même, le droit de vote ! Les mots des danseurs sonnent creux, trop consensuels, à l’exception d’un ou deux témoignages plus poignants qui réintroduisent la notion de malheur dans cette histoire peinturlurée de rouge. On en ressort avec le sentiment d’un profond contresens…

Crédit photographique : © Patrick Berger

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