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Adélaïde Ferrière danse avec son marimba à Dijon

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital, Musique symphonique

Dijon. Auditorium. 7-II-2018. Zoltán Kodály (1882-1967) : Danses de Galanta. Paul Creston (1906-1985) : Concertino pour Marimba et orchestre op. 21. Minoru Miki (1930-2011) : Marimba spiritual. Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n° 9 en mi mineur « du Nouveau Monde » op. 95. Adélaïde Ferrière, Marimba. Orchestre Dijon Bourgogne, direction : Gergely Madaras

Adelaide-Serriere-photo-Yves-RousseauLe marimba n’est pourtant pas un instrument à percussion méconnu, mais Adélaïde Ferrière nous révèle un répertoire écrit spécifiquement pour lui. La jeunesse de l’interprète, la vivacité avec laquelle elle évolue autour de son instrument, sa grâce même, en font aussi un spectacle pour les yeux. C’est un retour au pays pour la percussionniste, accompagnée ce soir par l’

Deux pièces pour orchestre encadrent les deux œuvres pour marimba. a privilégié Kodály en entrée, et l’on apprécie ce choix original. Il insiste logiquement sur les changements de tempo, puisque c’est l’une des caractéristiques de ces danses qui évoquent le verbunkos. Cependant, l’orchestre n’est pas toujours à l’aise dans ces brusques virages, et il arrive que l’on entende des hésitations durant une ou deux mesures. Cela n’entache pas toutefois le dynamisme de cette lecture, et l’on goûte sans modération le timbre de la clarinette solo, qui parvient même à imiter le taragot d’Europe centrale.

Adélaïde Ferrière donne un témoignage éblouissant de sa maîtrise technique dans le Concertino pour Marimba de ; le premier mouvement, interprété avec deux baguettes, révèle les possibilités virtuoses de l’instrument, tandis que le second nous laisse entrevoir un climat plus serein avec des accords joués par la soliste.

Marimba spiritual, écrit par à la mémoire des populations décimées par la famine des années 1980 en Afrique subsaharienne, retourne ainsi aux origines africaines de l’instrument. La pièce, comme une sorte de requiem, commence dans l’introspection. Les sonorités fabuleuses des graves, avec beaucoup d’âpres quintes à vide, suggèrent l’âme de l’Afrique blessée. Adélaïde Ferrière fait ressortir le chant des accords et l’accompagnement subtil des trois autres percussionnistes ajoute à ce dépaysement poignant. La seconde partie, plus allante, propose un retour à la vie. Là encore, la symbiose d’exécution et de timbre qui unit les quatre interprètes donne des sonorités inédites et splendides : le timbre charnel du marimba se mélange avec bonheur avec l’accompagnement, voire les soli, à l’inverse tout en clarté.

La Symphonie « du Nouveau Monde » qui clôt le concert suscite des émotions contrastées. Le premier mouvement est conduit rapidement, le premier thème acquiert ainsi un dynamisme étonnant ; mais lorsque l’on aborde le second, son expressivité oblige à ralentir le tempo, et cette instabilité nuit à la cohérence de l’ensemble. En revanche, dans le second mouvement, les cuivres de l’introduction sonnent avec profondeur, le solo de cor anglais est nostalgique à souhait, et les cordes avec sourdine nous régalent de leur timbre velouté. Les deux derniers mouvements sont menés avec le même dynamisme que le premier, on pourrait dire avec panache.

Adélaïde Ferrière, Révélation Soliste Instrumental des Victoires de la Musique 2017, exécute avec finesse l’Adios nonino d’Astor Piazzola en guise d’au revoir.

Crédits photographiques : © Yves Rousseau

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