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Captation du Vaisseau fantôme dans la mise en scène d’Àlex Ollé

À emporter, DVD, Opéra

Richard Wagner (1813-1883) : Der fliegende Holländer, opéra en trois actes sur un livret de Richard Wagner. Mise en scène : Àlex Ollé (La Fura dels Baus). Décors : Alfons Flores. Costumes : Josep Abril. Lumières : Urs Schönebaum. Chorégraphie : Ferran Carjaval. Avec : Samuel Youn, le Hollandais ; Ingela Brimberg, Senta ; Nikolai Schukoff, Erik ; Benjamin Bruns, le Pilote ; Kwangchul Youn, Daland ; Kai Rüütel, Mary. Chœur du Teatro Real de Madrid (chef de chœur : Andrés Máspero). Orchestre du Teatro Real de Madrid, direction : Pablo Heras-Casado. 1 DVD + 1 Blu-Ray Harmonia Mundi HMD 9809060.61. Réalisation : Stéphane Vérité. Enregistré en 2016. Sous-titrage en français, anglais et allemand. Notice en français et anglais. Format image : DTS 5.1. Format son : SOUND I AUDIO. Durée totale (DVD + Blue-Ray) : 4h48’32’’.

 

DFHPour la beauté envoûtante de ses images et pour son solide plateau vocal, on s’intéressera à la captation d’une mise en scène qui a beaucoup tourné ces dernières années.

Créée à Lyon en 2014, la mise en scène du Vaisseau Fantôme par (de ) avait été chroniquée dans nos colonnes lorsqu’elle avait été reprise par l’Opéra de Lille au printemps 2017. La captation dont il s’agit sur ce double album DVD/Blu-Ray date quant à elle d’une reprise madrilène de décembre 2016. Le concept, explicité dans la note du metteur en scène fournie avec le produit, ne ressort pas particulièrement de la réalisation : l’idée, qui consiste à transposer l’action au Bangladesh dans le port de Chittagong, le seul endroit du monde où, selon le metteur en scène, une telle action serait encore crédible, n’est pas des plus éclairantes, mais elle ne va pas jusqu’à entraver la cohérence dramatique de l’œuvre. On s’attachera donc à goûter les qualités esthétiques de la scénographie, dominée par la superbe poupe de bateau rouillée autour de laquelle se déroule le spectacle, considérablement enrichi de vidéos représentant tour à tour flots marins déchaînés et autres apparitions fantasmagoriques. Un sol sablonneux constitue l’espace sur lequel évoluent les différents personnages de l’action, tous très investis dans cette surprenante réécriture.

Musicalement, le plateau est très fort, avec notamment trois solistes habitués de leur rôle de par leurs apparitions au festival de Bayreuth dans la mise en scène de Jan Philipp Gloger. est ainsi un Hollandais très noir vocalement, dont on pourrait attendre néanmoins plus de douceur et de legato. En Daland, fait son numéro habituel de personnage veule et cupide, et il reste bien chantant de la première note à la dernière, à l’image du pilote toujours aussi rayonnant de . Très crédible également le couple Erik/Senta, avec un très engagé scéniquement et vocalement, dans un rôle dont la composante belcantiste pourrait presque occasionner quelque tension. , en revanche, domine parfaitement la tessiture ingrate de Senta, rôle écrit un peu bas, mais qui doit darder des aigus triomphants. Très bien préparé, le Chœur du Teatro Real de Madrid est tout à fait à la hauteur de la situation, et il en est de même de l’Orchestre, mené tambour battant par la baguette énergique de . Mais ce sera surtout pour la beauté envoûtante de certaines images qu’on voudra voir un spectacle qui a déjà fait, au théâtre, le bonheur de nombreux spectateurs.

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