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L’avenir du concerto pour orgue avec Frank Nordensten

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Frank Nordensten (né en 1955) : Concerto n° 2 et Concerto n° 3 « Les visages du temps », pour orgue et ensemble à vent. Dan René Dahl à l’orgue Marcussen (1964) de la cathédrale de Fredrikstadt (Norvège). Ensemble à vent de Norvège, Borg vokalensemble, direction : Tore Erik Mohn. 1 CD Lawo. Enregistré du 18 au 23 novembre 2013. Livret en norvégien et anglais. Durée totale : 70’12.

 

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nordensten_dahl_lawoLa musique contemporaine venue du Nord est bien souvent une expérience passionnante. Avec ses concertos pour orgue, ouvre une voie nouvelle en associant judicieusement à l’instrument à tuyaux à un ensemble à vent.

Il faut un certain moment à l’auditeur pour se plonger dans ces eaux glacées, mais revigorantes, de la musique contemporaine norvégienne, afin d’en apprécier une grande variété de climats, des plus planants aux plus acérés. Les Concertos pour orgue n° 2 et n° 3 de , musicien norvégien prolixe né en 1955, semblent en continuité d’inspiration, même si le second, à l’inverse du premier, propose des titres évocateurs pour chacun de ses mouvements. Un même orchestre constitué exclusivement d’instruments à vent rehaussé par des percussions et un chœur dialogue et vient en contrepoint de l’orgue : mariage heureux des cuivres, dont le rouge prédomine, avec le bois de l’orgue plutôt teinté de vert, en couleurs harmoniques complémentaires.

Du Concerto n°2, écrit en 2010, quatre mouvements ordonnés comme une symphonie pour orgue, on retiendra un impressionnant Scherzo infernale. Le Concerto n°3 (2012), s’intitule Les visages du temps, un titre qui rappelle l’univers de Thierry Escaich. Ce concerto comprend neuf mouvements significatifs de l’univers céleste qui nous entoure : on entend tour à tour l’évocation d’étoiles, de planètes et de satellites. La pâte sonore est complexe ; les timbres infinis de l’orgue et les trouvailles acoustiques des vents  la compliquent encore, en évoquant des voix humaines graves et troublantes. Subtilement, un vrai chœur de voix aiguës, mal signalé dans la pochette (le Borg vokalensemble), vient confirmer sans équivoque cette impression précédente, des plus étranges. La voix est traitée « grave », comme en guise de fondation, ou « céleste », comme pour souligner ces impressions galactiques.

L’auteur semble abandonner les piliers habituels de la mélodie et du rythme pour tisser une toile de timbres, de microcosmes et d’ambiances fantastiques. On se prend au jeu, porté par les belles sonorités ordonnées de l’Ensemble à vents de Norvège que dirige . L’orgue de taille imposante et de style néoclassique, édifié en 1964 par le facteur d’orgue danois Marcussen & son est celui de la cathédrale de Fredrikstad (Norvège). Cette musique réclame beaucoup de ressources sonores, que cet instrument de 55 jeux sur 4 claviers et pédalier apporte aisément. L’organiste donne la force nécessaire à l’expression de cette musique par un jeu sans faille. On ne sort pas tout à fait indemne de ce voyage musical aux pays des aurores boréales, mais l’expérience musicale vaut la peine d’être vécue.

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