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La poésie du second concerto de Brahms par Adam Laloum à Metz

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Metz. Arsenal. 16-II-2018. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano n° 2 op. 83 ; Antonín Dvořák (1841-1904) : Symphonie n° 7 op. 70. Adam Laloum, piano ; Orchestre national de Lorraine ; direction : Jacques Mercier

visuel-laloum-adam-amitie-rivalite-cop-carole-bellaicheUn soliste exceptionnel, mais un orchestre qui ne se révèle qu’après l’entracte.

Directeur musical de l’ depuis 2002, s’apprête à quitter son poste à la fin de cette saison. Le répertoire français aura joué un rôle particulièrement fort pendant ces seize années, mais le programme de ce soir montre que son horizon dépasse les frontières hexagonales. La première partie du concert, cependant, vaut d’abord pour son soliste, , qui aborde le second concerto de par la poésie plutôt que par la virtuosité toute en force à laquelle on aurait bien tort de réduire cette partition. Poésie, oui, mais sans aucune fadeur : certes, cette manière presque introspective de détailler, sur un tempo inhabituellement lent, les premières mesures de sa partie donnent le ton d’une interprétation indissociablement expressive et pudique ; quand Brahms hausse le ton, Laloum ne recule pas devant les grands moyens, mais avec des couleurs, des délicatesses de phrasé et de rythme qui font merveille. Dommage simplement que l’orchestre, ici, soit souvent brouillon, parfois plat, sans que ne puisse s’instaurer un véritable dialogue à la hauteur de la subtilité du pianiste.

Après l’entracte, l’orchestre reste seul pour la très brahmsienne Symphonie n° 7 de Dvořák – et, heureusement, il retrouve l’essentiel de la plasticité et de la palette sonore qui nous avaient manqué dans le concerto. choisit ici de ne jamais appuyer plus que nécessaire : grâce surtout à des cordes d’une belle homogénéité dans la transparence, il privilégie l’allant, le flux naturel du discours, sans oublier pourtant de prendre le temps de faire surgir telle ou telle nuance chromatique. Les tempi sont souvent vifs, mais jamais précipités, les rythmes marqués sans excès : aussi loin du cliché d’un post-romantisme plus noir que noir que des facilités folkloriques de la Mitteleuropa, il montre son orchestre cette fois sous son meilleur jour.

Crédit photographique : © Carole Bellaiche

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