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Premier disque avec orchestre pour Astrig Siranossian

À emporter, CD, Musique symphonique

Aram Khatchatourian (1903-1978) : Concerto pour violoncelle en mi mineur. Krzysztof Penderecki (né en 1933) : Concerto pour violoncelle n° 2. Astrig Siranossian, violoncelle ; Sinfonia Varsovia ; direction : Adam Klocek. 1 CD Claves. Enregistré en août 2017 au Studio de concert Witold Lutosławski de la Radio polonaise à Varsovie en Pologne. Textes de présentation en anglais et français. Durée : 70:01

 

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Claves, dont le début chez Claves n’est pas passé inaperçu sur notre site, nous offre pour son deuxième disque des enregistrements où elle apparaît en tant que soliste dans les interprétations de la musique concertante de Khatchatourian et Penderecki sous la baguette d’. Un répertoire intéressant, et toujours (trop) rarement joué.

Le choix des œuvres présentées a sans doute été dicté par des considérations personnelles car, premièrement, la jeune instrumentiste est, tout comme l’était , d’origine arménienne ; deuxièmement, parce qu’elle fut lauréate du 1er prix de la deuxième édition du Concours international de violoncelle en 2013.

Rappelons que le Concerto pour violoncelle de Khatchatourian a été écrit pour Sviatoslav Knouchevitski en 1946 comme le dernier d’une série de trois œuvres du même genre composées pour les membres du fameux Trio Oïstrakh. Cette partition est le signe de l’engouement de Khatchatourian pour l’art lyrique. Fréquemment classée comme une « symphonie concertante », elle porte des traces de la musique populaire caucasienne, en y renvoyant par ses thèmes mélodiques et des rythmes issus du patrimoine folklorique de la région natale de l’artiste. Pour ce qui est du Concerto pour violoncelle n° 2 de Penderecki, il a été composé en un seul mouvement pour Mstislav Rostropovitch qui l’a créé en 1982. Avec sa structure rhapsodique et des cadences qui lui conservent un cachet dramatique, il est écrit dans un langage avant-gardiste.

En ce qui concerne l’exécution du concerto d’, nous sommes saisis par la délicatesse des timbres se dégageant de l’instrument soliste, de même que par le naturel du vibrato et le charme des phrasés ardents et baignés dans une intensité de teintes nobles, profondes et précises. D’une part, l’interprète – consciente de la puissance dramatique et de l’émotion que ces pages renferment – rythme certaines phrases musicales avec brio, netteté, mais également avec une sorte d’élégance ; d’autre part, là où le propos est tendre et lyrique, elle restitue leur ambiance empreinte de nostalgie. C’est d’ailleurs ainsi que la cantilène du mouvement central – imprégnée d’une grande variété de nuances, poétique, pure, proposée sans mièvrerie ni affectation artificielle – captive par la douceur, tout comme par le ton élaboré avec finesse afin de donner aux sons une expressivité douloureuse.

Pour le concerto de Penderecki, empli tantôt d’éclats méphistophéliques, tantôt de visions quasi eschatologiques, c’est le cheval de bataille d’ qui y brosse des tableaux auxquels elle prête des couleurs sobres en alliant une grande musicalité à une bonne dose d’enthousiasme juvénile. Agité, ému et angoissé, son archet est éloquent, en refusant toutefois d’être agressif. Le dialogue que l’artiste entreprend avec l’orchestre  dirigé par  assure à cette exécution une homogénéité architecturale que l’on ne trouve pas ailleurs, bien que la narration abonde en rebondissements imprévus et climax impressionnants marqués par des contrastes dynamiques abrupts et puissants.

Avec l’équilibre stéréophonique convenablement établi (le violoncelle ne domine pas la scène d’un bout à l’autre), une large gamme de détails audibles et une diversité sonore étonnante, ces enregistrements plongent l’auditeur dans un univers sensoriel particulier : pictural pour Khatchatourian, et incantatoire pour Penderecki. Si nous nous laissons tenter et décidons d’y plonger, les interprètes nous entraînent dans un voyage musical hors du commun.

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