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Le Nain, conte cruel à l’Opéra de Rennes

La Scène, Opéra, Opéras

Rennes. Opéra. 27-III-2018. Alexander von Zemlinsky (1871-1942) : Le Nain, opéra en 1 acte sur un livret de Georg Klaren d’après la nouvelle L’anniversaire de l’infante d’Oscar Wilde. Mise en scène & scénographie : Daniel Jeanneteau. Costumes : Olga Karpinsky. Lumières : Marie-Christine Soma. Avec : Mathias Vidal, le Nain ; Jennifer Courcier, Donna Clara, Infante d’Espagne ; Julie Robard-Gendre, Ghita ; Christian Helmer, Don Estoban ; Laura Holm, Marielou Jacquard & Fiona Mc Gown, Trois caméristes. Orchestre Symphonie de Bretagne, direction : Franck Ollu

NainPeu de temps après que l’Opéra de Lyon a programmé Le Cercle de Craie, Zemlinsky est à l’honneur à Rennes avec Le Nain, coproduit avec Lille et Royaumont. L’heure de la reconnaissance semble enfin venue pour ce compositeur versatile et brillant.

Le public rennais découvre l’ouvrage dans un arrangement habilement réalisé par Jan-Benjamin Homolka pour un orchestre de chambre réduit à dix-huit unités, qui ne gomme rien de la puissance d’orchestration du compositeur et de la qualité de sa partition. Les musiciens de l’Orchestre Symphonique de Bretagne y excellent sous la baguette de qui nous offre une lecture fougueuse mais parfaitement équilibrée, culminant dans le chœur des compagnes, véritable moment de grâce.

L’interprétation du rôle titre fera date dans la carrière de . Ici, le nain ne se différencie des autres protagonistes que par son aspect vestimentaire, mais il n’est pas besoin d’artifices tant le ténor sait traduire avec naturel et intensité un individu enivré par l’image qu’il s’est faite de lui-même, et qui cède au plus poignant désespoir après la révélation de sa disgrâce physique. Sa gaucherie touchante offre une dimension poétique inattendue et une grande intensité au personnage. La prestation vocale tutoie également les sommets avec un instrument plein et homogène et des intentions musicales toujours délicates et justes.

use d’une voix claire et d’un physique juvénile pour camper une Donna Clara infantile et capricieuse, d’une indifférence glaciale. Sa camériste, plus compatissante, est interprétée par qui confirme ses atouts : grâce et intensité scéniques, chaleur du timbre et aisance vocale, tandis que apporte au chambellan une solennité guindée.

La production joue de la sobriété, dans un cadre épuré équipé de rares accessoires. Tout repose sur une direction d’acteurs au cordeau avec un soin particulier accordé à la gestuelle et à la caractérisation des personnages qui garantissent une grande lisibilité des situations. Les costumes contemporains soulignent l’intemporalité de ce conte sombre et cruel qui rencontre un franc succès auprès d’un public conquis.

Crédit photographique : (le Nain) (l’Infante) © Frederic Iovino

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