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Djamileh de Bizet prend des accents polonais

À emporter, CD, Opéra

Georges Bizet (1838-1875) : Djamileh, opéra-comique en un acte sur un livret de Louis Gallet d’après « Namouna » d’Alfred de Musset. Avec : Jennifer Feinstein, Djamileh ; Eric Barry, Haroun ; George Mosley, Splendiano ; Piotr Kaminski, le marchand d’esclaves. Chœur de chambre de Poznan (chef de chœur : Bartosz Michalowski). Orchestre Philharmonique de Poznan, direction : Łukasz Borowicz. 1 CD Dux. Enregistré en 2017 lors du Ludwig Van Beethoven Easter Festival. Notice en polonais et en anglais. Durée : 68:24

 

Pochette CDQuatrième enregistrement publié pour le Djamileh du célèbre compositeur de Carmen, après celui d’Orfeo (1995), de RCA Red Seal (1999) et du DVD Dom (2009). Pour faire connaître et aimer cette œuvre, c’est cette fois-ci partie remise.

Alors que Les pêcheurs de perles est aujourd’hui bien présent dans les programmations à Paris, à Bordeaux, à Nancy, ou à Strasbourg, l’autre opéra orientaliste du compositeur romantique est encore trop ignoré, en France comme ailleurs. Nous espérions que l’intérêt pour Djamileh de la part de la Pologne ait le même écho que celui des Anglais pour Berlioz. Mais cette première polonaise, enregistrée lors de la 21e édition du Ludwig van Beethoven Easter Festival, paraît bien anecdotique pour que le charme de Djamileh envahisse enfin la scène lyrique internationale.

La jolie pochette et le coffret de luxe déçoivent une fois ouverts : une notice seulement en polonais et en anglais, un texte d’accompagnement trop court pour un ouvrage si peu connu… L’objet ne semble avoir été abordé que superficiellement (la forme plutôt que le fond). Pourtant, il aurait été cohérent de mettre en lumière l’inspiration mélodique élégante de Bizet et la limpidité de l’orchestration aux délicates touches orientalisantes.

Déception encore quand on découvre que le texte parlé a tout simplement été coupé, ne permettant pas à l’auditeur de suivre véritablement la trame de cette histoire. Toute la saveur d’un genre pourtant caractérisé par l’alternance de scènes chantées et de dialogues parlés s’en trouve perdue (même si l’intrigue de Djamileh est très faible, reconnaissons-le !). De même, la prise de son de l’orchestre semble éloignée, donnant peu l’occasion de cerner la subtilité des couleurs de l’ mené par , une phalange qui paraît toutefois un brin caricaturale dans l’expressivité de certains instants musicaux. Reste le qui assume avec force des pièces chorales de toute beauté.

Et alors que détient les bijoux de l’ouvrage avec l’air lent communément appelé « Ghazel » ou le lamento Sans doute l’heure est prochaine, l’incarnation de ce rôle-titre si expressif par la mezzo est obscurcie par un accent à couper au couteau, et une articulation qui affaiblit son interprétation. Le chant d’ (Haroun) manque de relief, et seul le baryton , dans la peau de Splendiano, se distingue réellement, grâce à un sens certain du phrasé et une diction convenable. On aurait tant aimé apprécier davantage ce Djamileh…

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