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L’envoûtant violon d’Eldbjørg Hemsing au service de Borgström et Chostakovitch

À emporter, CD, Musique symphonique

Hjalmar Borgström (1864-1925) : Concerto pour violon en sol majeur op. 25 ; Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Concerto pour violon et orchestre n° 1 en la mineur op. 77. Eldbjørg Hemsing, violon ; Orchestre symphonique de Vienne (Wiener Symphoniker), direction : Olari Elts. 1 CD BIS. Enregistrement réalisé à Vienne en septembre 2015. Durée : 74:12

 

hemsing_bisTrois décennies séparent les concertos pour violon et orchestre de Borgström et de Chostakovitch, représentants de deux mondes inconciliables, sinon antinomiques, admirablement défendus sous étiquette BIS.

La violoniste norvégienne (née en 1990), exceptionnelle artiste au timbre chaleureux, au jeu précis et millimétré, affiche une très honorable carrière. Sa compréhension subtile des musiques abordées est régulièrement soulignée. Cet enregistrement, si besoin était, nous en fournit une preuve nouvelle.

Le Concerto pour violon en sol majeur de son compatriote (1864-1925), un contemporain de Carl Nielsen, revient à la lumière. Il le mérite amplement. La notoriété de cet élève de Leipzig (où il se rend en 1887), qui fut un ardent défenseur de la musique orchestrale germanique et de la musique à programme, s’est éclipsée avec l’irruption de la nouvelle modernité surgissant autour de la Première Guerre mondiale. Son manque d’enthousiasme envers le nationalisme musical norvégien et son icône Edvard Grieg a sûrement contribué à sa marginalisation. Toutefois, le Concerto créé en 1914 à Kristiania connut un bon accueil du fait de son écriture mélodique riche et abondante, passionnée, de son déroulement lyrique, rhapsodique, et de certains passages splendidement orchestrés. On notera dans l’Adagio quelques mesures, répétées, qui rappellent étonnamment une section du Concerto pour violon de Samuel Barber (1941) !

Le Concerto pour violon n° 1 en la mineur de Chostakovitch (1948 ; révisé en 1955), écrit pour David Oïstrakh puis vaillamment défendu par lui (et enregistré par deux fois), nous transporte dans un autre monde, fascinant, exubérant et sombre, tour à tour empreint de rudesse, de danses caricaturales et de martèlements insistants, confession dissimulée du véritable état d’esprit d’un créateur révolté et blessé. donne du second mouvement, le Scherzo, une interprétation ensorcelante et hypnotique, inoubliable. Les trois autres mouvements, dans le pur style du musicien russe, placent cette version parfaitement maîtrisée, au niveau des plus grandes réalisations discographiques (David Oïstrakh, Maxime Chostakovitch, EMI, 1972 ; Lydia Mordkovitch, Neeme Järvi, Chandos, 1989 ; Yefim Bronfman, Esa-Pekka Salonen, Sony, 2003).

Le Symphonique de Vienne dirigé par l’Estonien (né en 1971), rigoureux et expérimenté, partage les mérites soulignés et contribue à faire de cet enregistrement un sujet de convoitise et de curiosité légitimes.

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  • Martin Antoine

    Petite erreur et Bronfman est un éminent pianiste qui n’a pas pu enregistrer le concerto pour violon de Chostakovitch .
    Amicalement

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