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Mariss Jansons et la Radio Bavaroise en hérauts de la liberté

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Munich. Herkulessaal. 26-IV-2018. Gioachino Rossini (1792-1868) : Ouverture de Guillaume Tell ; Serge Prokofiev (1891-1953) : Concerto pour violon n° 1 op. 19 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 3 op. 55 « Eroica ». Frank Peter Zimmermann, violon ; Orchestre symphonique de la Radio Bavaroise ; direction : Mariss Jansons.

31393916_10156308321247232_814088009522581283_nDe Guillaume Tell vers l’Eroica : le premier concerto de Prokofiev est au cœur d’un beau programme grâce à .

Ouverture, concerto, symphonie : la sainte trilogie du concert symphonique est ce soir strictement respectée, mais le concert a malgré tout une grande cohérence, car les trois œuvres au programme ont toutes trois à voir avec le thème de la liberté et de la révolution.

L’ouverture de Guillaume Tell commence certes par un solo de violoncelle qui manque d’expressivité poétique, mais le passionné d’opéra qu’est Jansons donne à toute la pièce une force dramatique qui rend bien compte de cette épopée révolutionnaire qu’est la pièce de Schiller et son adaptation lyrique – au détriment d’une fidélité au style rossinien, qu’à vrai dire on n’attendait pas de lui.

Il y a trois ans, , grand familier de l’orchestre, était venu à Munich pour le Concerto de Brahms, déjà sous la baguette de Jansons ; cette fois, c’est donc le Premier concerto de Prokofiev, contemporain de la révolution russe de 1917, qui est au programme. L’intelligence musicale est ici doublée d’une parfaite virtuosité, discrète, mais diablement efficace, pleine d’esprit et de doubles sens. L’entente entre soliste et chef est parfaite, l’orchestre suit à merveille : ce concerto, on le sait, n’a que sa brièveté pour défaut quand il est ainsi joué.

Avec l’Eroica, Jansons est parfaitement chez lui. Il l’a souvent dirigée, plus que d’autres symphonies de Beethoven, et elle lui réussit bien, dans une optique qui la rapproche de Brahms, avec des teintes sombres, une fierté ombrageuse, parfois une manière de presser le mouvement qui peut surprendre (dans le deuxième mouvement par exemple), mais qui n’entame l’essentiel : Jansons restitue le monument dans toute sa grandeur. Il ne tombe pas, malgré tout, dans une certaine caricature de « son allemand » étouffant et plus noir que noir, parce que la chaleur de son interprétation conserve toujours aux œuvres qu’il dirige leur humanité. Le très beau son que l’orchestre offre à sa demande au public n’est ici pas vaine perfection, mais matière vivante.

Crédit photographique : © Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks

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