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Le Quatuor Belcea et Piotr Anderszewski réussissent leur premier Chostakovitch

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975) : Quintette avec piano en sol mineur, op. 57 ; Quatuor à cordes n° 3 en fa majeur, op. 73. Quatuor Belcea ; Piotr Anderszewski, piano. 1 CD Alpha-Classics 360. Enregistrement réalisé au Britten Studio, Snape, en juin 2017. Notice trilingue : allemand, anglais, français. Durée : 67:47

 

chostakovitch_belce_alphaLe et ont interprété à plusieurs reprises le Quintette et le Quatuor n°3 de , qu’ils gravent pour la première fois avec un résultat très satisfaisant, tout d’équilibre, d’intensité et d’assimilation.

Les relations tumultueuses de avec le régime soviétique ont oscillé brutalement entre bannissement avec menace de mort et réhabilitation exaltée ; elles ont marqué au fer rouge la vie d’un créateur conscient de sa valeur et condamné à faire profil bas. Avec le Quintette pour piano et cordes en sol mineur, écrit au cours de l’été 1940, Chostakovitch fut distingué du Prix Staline. Cet opus 57 s’appuie sur des données stylistiques venues d’époques antérieures. Les deux premiers mouvements, Prélude (Lento) et Fugue (Adagio), rappellent évidemment l’époque baroque ; les musiciens dessinent avec grâce et précision cet épisode contemplatif. Le Scherzo (Allegretto), justement qualifié par certains de parodie de la vulgarité soviétique, insiste, à sa manière, sur les aspects artificiels et tapageurs du totalitarisme. L’Intermezzo (Lento) et le Finale (Allegretto) affichent beauté transitoire et prudence.

Ce chef-d’œuvre incontesté précède de six années le Quatuor à cordes n° 3 en fa majeur, qui fut créé en 1946. Les officiels ne cachèrent pas leur mécontentement face au néo-classicisme (honni) de cette musique. Les cinq mouvements qui le constituent semblent jouer au chat et à la souris avec la censure imprévisible, injuste, insensible. Les non-dits foisonnent plus ou moins discrètement, masqués par les gages de soumission aux lois insaisissables et mutantes de la répression physique et artistique. Le offre de ce précieux Quatuor n° 3 une version toute en probité, sans faute de goût. Sans atteindre la fièvre et l’urgence du Quatuor Borodine (avec Sviatoslav Richter) dans leurs lectures impérieuse de 1983 et 1984 pour EMI, les Belcea trouvent auprès du  Polonais Andreszewski un partenaire attentif, engagé et imposant. On sort de l’écoute des Belcea sonné et électrisé.

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  • Michel LONCIN

    On espère que les Belcea vont « s’attaquer » à une intégrale des quatuors de Dimitri Chostakovitch …

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