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La vitalité juvénile du chœur du King’s College dans les motets de Byrd

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William Byrd (c. 1540-1623) : Rorate coeli ; Vigilate ; Hodie beata Virgo Maria ; Alleluia, Senex puerum portabat ; Ne irascaris, Domine ; Civitas sancti tui ; Terra tremuit ; Haec dies ; Tollite portas ; Alleluia, Ascendit Deus, Dominus in Sina ; Factus est repente ; Non vos relinquam orphanos ; O lux beata Trinitas ; Laudibus in sanctis ; Ave verum corpus ; Sacerdotes Domini ; lustorum animae ;O quam gloriosum ; Ave Maria. The choir of King’s College, Cambridge, direction : Stephen Cleobury. 1 CD King’s College Recordings. Enregistré le 12-13 janvier, 24-25 avril et 23 juin 2017 à la Chapelle du King’s College. Notice en anglais. Durée : 56:12

 

CD_Motets ByrdLa vitalité juvénile du chœur du King’s College de Cambridge semble bien décalée de l’ambiance intimiste de ces motets de . Dommage, car peu de chœurs d’hommes et de garçons se sont intéressés à cette musique en langue latine.

C’est au moment d’une période intense d’agitation religieuse que l’un des grands polyphonistes du XVIe siècle, , compose le recueil de musique sacrée latine Cantiones Sacrae (1575) dont ces dix-neuf motets sont extraits, affirmant par ce biais une profonde maîtrise de l’art du contrepoint et de la musique vocale.

Les pièces chantées par le célèbre chœur du King’s College sont ainsi le symbole d’une dissidence catholique dans un environnement résolument protestant. Nous sommes donc étonnés dès le Rorate coeli (piste 1) d’un certain manque d’intimité dans cette interprétation, ces œuvres ayant été pourtant initialement écrites pour un usage privé au sein des foyers clandestins de catholiques récusants (les Recusants). La direction de déploie peu de contrastes dans les nuances, celle-ci formant dans sa globalité des sons monochromes et bien lourds, et de nombreux motets ont un tempo bien trop rapide pour affirmer une expression dévotionnelle sincère, le motet de Pâques Haec Dies se révélant même particulièrement pompeux.

Une fois ce constat fait, on se satisfait toutefois de la qualité vocale de ces choristes. Présentés dans l’ordre chronologique d’une année de l’Église pré-Réforme (en commençant donc par l’Avent, mais en écartant ceux pour Noël et l’Épiphanie), la plupart des motets sont interprétés par le chœur au complet. Celui-ci ne démérite pas, que ce soit dans son engagement comme dans son intensité, ce que fait aisément ressortir la prise de son certainement délicate au sein de la Chapelle du King’s College ; la limpidité des textures et la clarté des textes sont particulièrement dignes d’éloges dans l’Ave verum corpus et le Civitas sancti tui. La solidité du chœur avantage sans conteste l’art du contrepoint de ce musicien de la Renaissance, les lignes étant magnifiquement soutenues avec une assurance certaine dans le Iusturum animae comme dans le Vigilate chanté par les solistes, dévoilant la belle musicalité de ces jeunes choristes d’excellence.

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