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Le retour de Samson et Dalila à Metz

La Scène, Opéra, Opéras

Metz. Opéra-Théâtre de Metz-Métropole. 1-VI-2018. Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Samson et Dalila, opéra en trois actes et quatre tableaux sur un livret de Ferdinand Lemaire. Mise en scène : Paul-Émile Fourny. Décors : Marko Japelj. Costumes : Valérian Antoine et Brice Lourenço. Chorégraphie : Laurence Bolsigner-May. Lumières : Patrice Willaume. Avec : Vikena Kamenica, Dalila ; Jean-Pierre Furlan, Samson ; Alexandre Duhamel, Le Grand Prêtre de Dagon ; Patrick Bolleire, Abimélech ; Wojtek Smilek, Un Vieillard Hébreu ; Daegweon Choi, Un Messager ; Éric Mathurin, Premier Philistin ; Jean-Sébastien Frantz, Deuxième Philistin. Chœur de l’Opéra-Théâtre de Metz-Métropole (chef de chœur : Nathalie Marmeuse). Ballet de l’Opéra-Théâtre de Metz-Métropole (direction : Laurence Bolsigner-May). Orchestre national de Lorraine, direction : Jacques Mercier.

Mise en scène classique, distribution homogène, mais sans étoiles, pour le chef d’œuvre dramatique de Saint-Saëns.

Cela faisait bien longtemps que Samson et Dalila de Saint-Saëns n’avait pas été donné à Metz, et l’on ne peut que se réjouir de réentendre cette merveilleuse partition, qui va comme un gant à et à l’, rompus aux grandes pages symphoniques de la musique française du XIXe siècle. Autant à l’aise dans les grandes fresques chorales qui avoisinent l’oratorio que dans les rutilances du ballet du troisième acte, le maître des lieux aura, comme toujours lorsqu’il s’agit d’opéra romantique français, enchanté son public en dépit de l’acoustique résolument sèche du théâtre. Très classique dans sa conception, la mise en scène de ne sert aucun concept particulier et se contente de suggérer le caractère universel et intemporel de l’histoire, en évitant la tentation de la transposition facile et convenue. De grandes tours mobiles, dont le réagencement permet de figurer tour à tour le temple, la chambre de Dalila, la prison du troisième acte, créent le climat d’oppression inhérent à l’œuvre. L’effet de la chute du temple, en toute fin d’ouvrage, est particulièrement réussi. Si l’on peut saluer la qualité des éclairages de Patrice Willaume, le kitsch des costumes, ainsi que le caractère conventionnel de la chorégraphie, paraissent d’un autre âge.

Sur le plan vocal, la distribution réunie sur le plateau est d’un niveau agréablement homogène, notamment pour les clés de fa. On signalera la belle prestation d’ en Grand Prêtre de Dagon, bien supérieure à son Valentin d’il y a quelques saisons. Très bel Abimélech de , noble et caverneux Vieillard Hébreu de . L’Albanaise est une belle surprise en Dalila. Dotée d’un mezzo fruité et richement timbré, elle soigne autant son français que la ligne vocale de son personnage ; elle triomphe également de ses aigus, négociés avec art et professionnalisme. En dépit des couleurs héroïques de sa voix, reste le point faible de la distribution. Son incapacité à s’épanouir autrement que dans le forte pèse lourdement sur sa prestation, dont on notera cependant le jeu scénique particulièrement investi. Bilan positif, en fin de compte, avec surtout la satisfaction d’avoir réentendu un des plus beaux opéras français du XIXe siècle.

Crédit photographique : Chœur de l’Opéra-Théâtre de Metz-Métropole (photo n° 1) ; et (photo n° 2) © Christian Legay – Opéra-Théâtre de Metz Métropole

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