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Pastels poétiques de la musique flamande

À emporter, CD, Musique symphonique

In Flanders’ Fields vol. 96 – Où sont les Neiges d’Antan ? – Albert Grisar (1808-1869) : Le Carillonneur de Bruges, ouverture. Charles-Louis Hanssens (1802-1871) : Concerto en ré majeur pour violon et orchestre. Auguste De Boeck (1865-1937) : La Ronde du Sabbat pour orchestre ; Cantilène pour violoncelle et orchestre ; Valse Dolente. Jef Maes (1905-1996) : Méditation pour violon et orchestre. Lodewijk Mortelmans (1868-1952) : Treurdicht (Élégie n° 4) pour orchestre ; Lyrische Pastorale pour cor et orchestre ; Romanza pour violon et orchestre. Diechje Minne, cor. Milan Paľa, violon ; Didier Poskin, violoncelle. Filharmonie Hradec Kralové, direction : Herman Engels. 1 CD digipack Phaedra « In Flanders’ Fields » PH 92096. Enregistré du 12 au 16 juin 2017 en la Salle de Concert de la Filharmonie Hradec Kralové, République tchèque. Durée : 65:32

 

phaedra_snows_yesteryear_herman_engelsDans sa belle série In Flanders’ Fields qui comporte maintenant près de 100 CDs, l’excellent label flamand Phaedra nous gratifie de joyaux de la musique flamande sortant assurément des sentiers battus, et qui méritaient d’être offerts à un large public.

L’intérêt de ce CD est de nous présenter plusieurs pages de cinq compositeurs flamands de diverses époques, ce qui nous vaut un programme musical particulièrement varié et délectable. Les deux premiers,  (1808-1869) et  (1802-1871), ayant vécu en plein XIXe siècle, appartiennent à la lignée des Adam, Auber, Halévy, Meyerbeer et autre Ambroise Thomas, mais l’Anversois acquit une belle renommée à Paris, surtout grâce à son opéra dramatique Le Carillonneur de Bruges (1852) dont l’ouverture, déjà révélée par le chef d’orchestre belge  (1920-1984) en un ancien disque EMI également consacré à Grétry et Gossec, est particulièrement réussie, évoquant tour à tour Beethoven (l’ouverture Egmont) et Rossini. Phaedra nous avait déjà offert des œuvres pour clarinette et orchestre (In Flanders’ Fields vol. 94) du prolifique qui composa en outre une dizaine de Concertos pour violon, dont celui sous rubrique en ré majeur (1836), en trois mouvements mais sans interruption. Ce compositeur gantois qui fut chef d’orchestre de la Monnaie pendant des décennies et introduisit Beethoven en Belgique, s’y montre d’une très fine sensibilité dans son discours musical, à mi-chemin entre de Bériot et Vieuxtemps, à laquelle le jeu du soliste, le Slovaque Milan Paľa, s’accorde idéalement.

D’une tout autre génération, les trois compositeurs suivants sont entrés dans le XXe siècle en conservant un langage néoromantique : Auguste De Boeck (1865-1937), (1905-1996) et (1868-1952) ont par leur personnalité enrichi le patrimoine musical belge. Le premier, auteur de la populaire Rhapsodie Dahoméenne (1893) et d’une belle Symphonie en sol (1895) influencée par Borodine, débuta comme symphoniste avec La Ronde du Sabbat (1893), hommage du jeune De Boeck à son maître Paul Gilson (1865-1942), évoquant parfois curieusement Smetana (Par les prés et les bois de Bohême), mais on appréciera particulièrement son émouvante Cantilène pour violoncelle et orchestre, transcription d’un air de son opéra féerique Songe d’une Nuit dHiver (1901), ici admirablement jouée par le violoncelliste bruxellois , disciple d’Edmond Baert, Maurice Gendron et Pierre Fournier, tandis que le disque s’achève par une plutôt énigmatique Valse Dolente (1923).

fut encouragé par son ami André Cluytens à faire ses études au Conservatoire Royal Flamand d’Anvers, sa ville natale. Tout comme La Ronde du Sabbat d’Auguste De Boeck, lMéditation pour violon et piano (1927, orchestrée en 1929) est la toute première composition de Jef Maes qui avoua : « c’est une petite pièce très romantique. Je suis d’ailleurs encore toujours un romantique, mais un romantique moderne. » Nous y retrouvons le violoniste Milan Paľa qui en livre une interprétation toute frémissante et sensible. La Romanza pour violon et orchestre (1935), également jouée par un Milan Paľa particulièrement inspiré, et la Lyrische Pastorale pour cor et orchestre (Pastorale Lyrique, 1910) sont les deux seules pages concertantes de l’Anversois . Cette dernière est une œuvre en forme de Lied varié héroïque mettant bien en valeur le cor – en l’occurrence celui de l’excellente musicienne Diechje Minne. Mais c’est surtout Treurdicht (1925), quatrième d’une tétralogie d’élégies, sorte de lamentation funèbre composée en mémoire de trois membres de sa famille perdus tragiquement à la Grande Guerre, qui apportera une touche plus introspective à un programme par ailleurs imaginatif et divertissant, défendu par le chef d’orchestre avec conviction, brio et enthousiasme … et si l’excellente Philharmonie de la ville tchèque de Hradec Kralové pouvait ainsi contribuer à régler les problèmes communautaires belges, ce serait vraiment merveilleux !…

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