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Brahms version Paavo Järvi à Luxembourg

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Luxembourg. Philharmonie. 13-VI-2018. Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour violon, violoncelle et orchestre op. 102 ; Symphonie n° 2 op. 73. Christian Tetzlaff, violon ; Tanja Tetzlaff, violoncelle ; Deutsche Kammerphilharmonie Bremen, direction : Paavo Järvi

Paavo Järvi, conductorUn concert parfois stimulant, mais qui reste inabouti.

Très active en tournées, la pose ses bagages à Luxembourg en compagnie de son directeur musical , qui la dirige depuis 2004 en complément de ses autres activités, et c’est à Brahms que les musiciens consacrent la totalité de leur programme.

Pour le double concerto, c’est à Christian et que sont confiées les parties solistes, deux artistes qui, en solo ou en quatuor, apportent toujours au-delà de la technique un goût de l’expérimentation qui porte souvent ses fruits. Ce soir, les audaces et les essais sont bien là, souvent intéressants, mais l’ensemble, orchestre compris, ne prend pas vraiment. C’est particulièrement voyant dans le finale, moins vivace que haché, le souci de souligner l’énergie rythmique venant empêcher l’avancée du flux musical. L’intelligence musicale des deux interprètes et le timbre de rêve de trouvent bien des occasions de s’exprimer, mais on ne peut s’empêcher de trouver que tout ceci ne fait pas un ensemble cohérent, un violon, un violoncelle et un orchestre jouant un peu chacun pour soi et ne se retrouvant que par moments. Il faut donc attendre le bis de cette première partie pour retrouver, naturellement chez Kodály, toute la magie du timbre et toute la délicatesse interprétative des deux solistes : un peu tard, mais toujours appréciable.

La seconde partie, consacrée à la Symphonie n°2, est non sans défauts, mais beaucoup plus convaincante. La Kammerphilharmonie ne fait pas partie de ces grandes formations internationales qui voient se succéder les chefs : au cours de leur long compagnonnage, en a fait une plateforme où il peut explorer un style plus nerveux, plus coloré, avec un plaisir visible pour une animation dynamique et rythmique qui peut faire penser, dans d’autres répertoires, au travail des « baroqueux ». Ce n’est pas toujours convaincant, parce que les lignes s’en trouvent parfois troublées, notamment dans les mouvements rapides, et c’est moins convaincant que ce que les mêmes artistes pouvaient proposer dans leur travail sur les symphonies de Beethoven ; mais ce Brahms vivant, coloré et libre, très en marge par rapport aux traditions interprétatives de l’œuvre, a une séduction réelle.

Crédits photographiques : © Julia Baier

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  • Michel LONCIN

    J’ose espérer que le grand Paavo Järvi n’en est pas à « baroquiser » Brahms (comme d’aucuns – Roger Norrington, par exemple – ont « baroquisé » Tchaïkovski, Bruckner ou Mahler en bannissant tout « vibrato » et en procédant à un travail dynamique et rythmique situant les « romantique » quasi … à l’époque de Bach !!!

    • Musicasola

      Il y a de cela, en tout cas dans ce qui relève de la dynamique et du rythme, mais aussi des couleurs. Ce n’est certainement pas un Brahms pour tous les jours, mais en tant qu’expérience ponctuelle, c’est intéressant, même si ça marchait mieux pour Beethoven…
      DA

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