philharmonie de paris 0718

Les juvéniles P’tites Michu à l’Athénée

Festivals, La Scène, Opéra

Paris. Théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet. 19-VI-2018. André Messager (1853-1929) : Les p’tites michu, opérette en trois actes sur un livret d’Albert Vanloo et Georges dans une version pour neuf chanteurs et douze instrumentistes de Thibault Perrine. Mise en scène : Rémy Barché. Scénographie : Salma Bordes. Illustrations : Marianne Tricot. Vidéo : Stéphane Bordonaro. Costumes : Oria Steenkiste. Lumières : Florent Jacob. Avec : Damien Bigourdan, Monsieur Michu ; Romain Dayez, Bagnolet ; Philippe Estèphe, Gaston ; Boris Grappe, Le Général des Ifs ; Marie Lenormand, Madame Michu ; Caroline Meng, Mademoiselle Herpin ; Artavazd Sargsyan, Aristide ; Anne-Aurore Cochet, Blanche-Marie ; Violette Polchi, Marie-Blanche. Les Brigands, direction : Pierre Dumoussaud

HL_NPSTEFANOVITCH_PTITESMICCHU_HD-18-768x512Pour la 6e édition de son festival parisien, le Palazzeto Bru Zane continue sa redécouverte d’œuvres romantiques du XIXe siècle, cette fois-ci avec Les P’tites Michu, grand succès d’ en 1897.  

La transcription kitch et pop de donne la sensation tout au long de ces deux heures trente d’opérette, d’un spectacle destiné à un jeune public. Le décor rose bonbon, les jupettes jaunes soleil des deux héroïnes, les dessins de Marianne Tricot projetés en fond de scène ou sur une toile, le traitement caricatural de l’ensemble des protagonistes, les scènes cocasses et décalées, le générique de film en début de représentation, font penser aux dernières adaptations cinématographiques de célèbres bandes dessinées.

C’est dans la cour du pensionnat que l’on rencontre les volubiles p’tites Michu, Marie-Blanche et Blanche-Marie. Dès le départ, les jeux enfantins et la surenchère de cris et de rires donnent la légèreté et la fraîcheur de ton. Nous découvrons ensuite avec elles, grâce aux révélations des Michu, riches commerçants aux Halles de Paris, que, se croyant jumelles, elles n’ont en vérité aucun lien de sang. Les Michu ont mélangé par inadvertance les deux petits bébés dans le bain alors qu’ils gardaient la fille du Marquis des Ifs envoyé à la guerre. Mais au lieu de remettre au hasard une petite fille au noble, ils choisissent de s’enfuir avec les deux enfants. On les retrouve évidemment dix-sept ans après, afin qu’entre ces différents personnages, les quiproquos et les situations fantasques dans l’organisation des mariages des deux jeunes femmes alimentent ce spectacle.

Les douze musiciens de la Compagnie n’ont, en fosse, rien à se reprocher dans cette musique soignée et toujours bien calibrée, l’approche de étant encore une fois irréprochable dans une transcription pour effectif réduit exemplaire. La fluidité de l’orchestre sait porter au mieux les airs courts et raffinés de la partition, démontrant s’il fallait encore le faire, toute la verve d’une musique souvent qualifiée de « légère » qui n’est facile qu’en apparence.

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Les dix chanteurs savent quant à eux donner toute leur fougue et leur énergie dans les scènes parlées comme chantées pour rendre au mieux l’énergie et le rythme tourbillonnants de cette opérette. Le mezzo pétillant aux graves moelleux et au vibrato affirmé de et le soprano lumineux et fluet d’ caractérisent sans détour l’exubérante Marie-Blanche et la réservée Blanche-Marie, tout en se révélant fusionnels dans les duos. La complémentarité entre la gouaille de et la bouffonnerie excessive de donne des parents Michu particulièrement colorés alors que les fiancés, (Gaston) que ResMusica a rencontré il y a peu, et (Aristide) drolatiquement empoté, sont les parfaits miroirs des prétendues jumelles. en Marquis des Ifs devenu Général, déploie une diction claire et une assise vocale certaine pour affirmer une autorité toute en subtilité, autorité que la Mademoiselle Herpin de Caroline Meng dépeint avec une approche bien plus caricaturale tout comme le Bagnolet pithiatique (mais jouissif !) de .

Un visuel de bande dessinée, un orchestre précis et agréablement coloré, une distribution vocale solide et sans complexe, font de ces P’tites Michu de douces sucreries à voir avant tout en famille.

Crédits photographiques : © Nemo Perier Stefanovitch

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