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Les Étés de la danse rendent hommage à Jerome Robbins

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Boulogne-Billancourt. La Seine Musicale. 25-VI-2018. Hommage à Jerome Robbins. Programme 1.
Dances at a Gathering. Par le New York City Ballet. Chorégraphie : Jerome Robbins. Musique : Frédéric Chopin. Lumières : Jennifer Tipton. Costumes : Joe Eula.
Interplay. Par The Joffrey Ballet. Chorégraphie : Jerome Robbins. Musique : Morton Gould. Scénographie : Jean-Pierre Frohlich. Costumes : Santo Loquasto. Lumières : Ronald Bates, Réarrangées par : Jack Mahler.
A Suite of Dances. Par le New York City Ballet. Chorégraphie : Jerome Robbins. Musique : Johann Sebastian Bach. Lumières : Jennifer Tipton. Danseur : Anthony Huxley. Violoncelliste : Ann Kim
Glass Pieces. Par The Joffrey Ballet. Chorégraphie : Jerome Robbins. Musique : Philip Glass. Décors : Ronald Bates. Costumes : Ben Benson. Lumières : Jennifer Tipton

Pour le centenaire de la naissance de , Les Étés de la danse rendent hommage au chorégraphe en invitant la fine fleur des compagnies américaines autour de deux programmes exceptionnels. Le premier réunit le et le Joffrey Ballet pour interpréter Dances at a Gathering, Interplay, le solo A Suite of Dances et Glass Pieces.

(1918-1998), dauphin de George Balanchine à qui il succède à la tête du de 1983 à 1990, aurait eu cent ans cette année. S’inscrivant dans la série des hommages rendus au chorégraphe, du Lincoln Center à l’Opéra national de Paris, Les Étés de la danse célèbrent ce centenaire avec éclat : non moins de cinq compagnies sont conviées, autour de deux programmes donnant un large aperçu du travail de Robbins, entre grands classiques et pièces moins connues du public français.

C’est au New York City Ballet que revient d’ouvrir le bal. Et pour se faire, il nous réserve un casting étoilé : , Tiler Peck, Lauren Lovette, Tyler Angle et Joaquin De Luz sont à l’affiche.

Dances at a Gathering est une rêverie, tout en fraîcheur et délicatesse, au rythme de valses, mazurkas et études de Chopin. Le New York City Ballet, pour qui Robbins a créé le ballet en 1969, est rompu à la technique de cette suite de danses sans argument, mais construite autour des interactions entre trois couples, chaque danseur identifié par la couleur pastel de son costume. Certaines variations, comme celle du danseur en brun, qui ouvre la pièce, sont souvent dansées de manière isolée dans des concours ou galas, mais il est intéressant de voir la pièce en entier, car elle constitue un véritable échantillon du style de Robbins. Joaquin De Luz signe une variation du danseur en brun à l’interprétation moins mélancolique que dans l’école française, plus dansante et joyeuse. Dans l’ensemble, c’est la différence de technique avec l’Opéra de Paris qui frappe : moins précis, notamment dans les finitions du bas de jambe, les danseurs savent peut-être davantage capter l’énergie particulière des pièces de Robbins.

L’entrée en matière du Joffrey Ballet, basé à Chicago, avec Interplay est fracassante. Sur une musique de  et dans un style très jazzy qui se rapproche des comédies musicales chorégraphiées par Robbins, Interplay est une pièce à l’énergie communicative. Les danseurs du Joffrey Ballet, qui se caractérisent par une grande diversité des physiques et des personnalités, font preuve d’une belle virtuosité. Les danseuses rivalisent de vitesse et de brio dans une série de fouettés éblouissants, et les danseurs sont à la fois techniques et athlétiques.

Changement de rythme et d’atmosphère avec A Suite of Dances, solo créé en 1994 par Robbins pour Mikhail Baryshnikov sur les suites pour violoncelle de Bach. Le solo est interprété par Anthony Huxley, étoile du New York City Ballet. Le danseur interprète cette pièce avec une grande délicatesse et noue un véritable dialogue avec Ann Kim, la violoncelliste qui l’accompagne sur scène. Néanmoins, il manque de charisme pour s’emparer de l’espace scénique et provoquer l’émotion dans ce solo musical et subtil.

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Le gala se clôt sur la musique de Philippe Glass, avec l’envoûtant Glass Pieces interprété par le Joffrey Ballet. Pièce collective et puissante, créée en 1983 pour le New York City Ballet, Glass Pieces réunit trente-six danseurs sur scène. Les danseurs commencent par déambuler, chacun suivant un axe différent, comme dans l’agitation et l’indifférence d’une grande métropole. Puis, le rythme de la musique de Philippe Glass ralentit et s’enchainent des duos, techniques et aériens. Enfin, la pièce se termine avec l’énergie brute et masculine d’un groupe de danseurs, qui dessinent des lignes anguleuses sur les pulsations de la musique au crescendo envoûtant. Les artistes du Joffrey Ballet excellent dans cette pièce par leur sens du collectif et leur engagement physique remarquable.

Crédits photographiques : Photographie n°1 : Dances at a Gathering © Paul Kolnik; Photographie n° 2 : Glass Pieces © Cheryl Mann

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