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Cantates sacrées du XVIIe allemand par Les Surprises

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Mysterien-Kantaten. Œuvres de Johann Pachelbel (1653-1706), Dietrich Buxtehude (1637-1707), Nicolaus Bruhns (1665-1697), Christoph Bernhard (1628-1692), Heinrich Scheidemann (1595-1663), Johann Adam Reincken (1643-1722). Maïlys de Villoutreys, soprano ; Étienne Bazola, baryton ; Ensemble Les Surprises (Marie Rouquié, violon ; Gabriel Ferry, violon et alto ; Juliette Guignard, viole de gambe ; Étienne Galletier, théorbe), Louis-Noël Bestion de Camboulas, claviorganum et direction. 1 CD Ambronay. Enregistré à la Cité de la Voix de Vézelay en avril 2016. Durée 58:22

 

Mysterien-KantatenCet enregistrement puise au cœur du répertoire allemand de la fin du XVIIe siècle les plus belles perles baroques, pour nous offrir un bijou d’expressivité et d’éloquence, servi par le talent de l’ de .

Si est surtout passé à la postérité comme organiste, ses pièces vocales sont tout aussi remarquables que son répertoire pour clavier. Le célèbre Klag Lied composé à l’occasion de la mort de son père est même un sommet de l’expressivité baroque, avec sa mélodie si poignante soutenue par une harmonie riche en dissonances qui souligne parfaitement les affects de l’élégie funèbre. De même, l’organiste trop tôt disparu Nicolaus Bruhns nous offre dans son De profundis une touchante illustration de l’âme tourmentée du croyant qui implore son créateur en des accents bouleversants de piété douloureuse, avant l’explosion jubilatoire de l’Amen final.

Cantates et pièces instrumentales alternent au fil du programme proposé par l’, qui a invité deux excellents chanteurs pour la partie vocale : la soprano (présente dans ce répertoire en ce moment et déjà partenaire de cet ensemble pour un récent disque Bach) et le baryton . Une mention spéciale pour la voix de la soprano qui rend palpable l’émotion du Klag Lied de Buxtehude. On note également une excellente idée de : avoir transcrit pour deux violons et basse continue deux pièces d’orgue (la Chaconne en fa mineur de Pachelbel et la Passacaille et ré mineur de Buxtehude). Dans la chaconne qui ouvre le programme, on remarquera le discours très éloquent de la basse de viole dans certaines variations, que l’on admirera également dans la dernière pièce, une sonate de Reincken, et qui permet d’apprécier la musicalité de , co-fondatrice de l’Ensemble. Cette sonate est ici jouée avec les ornements notés par Johann-Sebastian Bach qui a lui-même transcrit les sonates de Reincken pour clavecin. Enfin, Louis-Noël Bestion de Camboulas a choisi de faire entendre un prélude de Scheidemann sur les timbres très caractérisés du claviorganum construit par Quentin Blumenroeder et Emile Jobin, instrument qui combine un orgue-coffre et un clavecin, comme il en existait depuis la Renaissance.

Après nous avoir éblouis dans leurs premiers enregistrements consacrés au XVIIIe siècle français (Rebel, Rameau…), Les Surprises portent aujourd’hui au sommet la sensibilité mélancolique si expressive du XVIIe siècle allemand et s’affirment comme l’un des meilleurs jeunes ensembles baroques.

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