Schubertiade avec le Chœur Toulouse Garonne

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Toulouse. Chapelle Sainte-Anne. 28-VI-2018. Franz Schubert (1797-1828) : Lieder Gutte Nacht et Der Leiermann extraits de Winterreise ; Auf dem Wasser zu singen D. 774 ; Du bist die Ruh D. 776 op. 59 N° 3 ; Fantaisie op. 103 D. 940 à quatre mains ; Messe n° 2 D. 167 en sol majeur. Anne-Laure Touya, soprano. Antonio Guirao-Valverde, baryton. Cyril Kubler, piano. Chœur Toulouse Garonne. Piano et direction : Stéphane Delincak

Chœur Toulouse GaronneComme pour les soirées que Schubert affectionnait avec ses amis pour jouer sa musique, le a dédié son concert d’été au compositeur viennois à la façon d’une Schubertiade.

Impossible d’évoquer l’ami Franz sans quelques-uns de ses lieder qui constituèrent l’essentiel de son immense production. C’est dans cet esprit que le baryton interprète Gutte Nacht et Der Leiermann, qui bornent le cycle ultime du Voyage d’hiver. Avec au piano, le baryton entre dans le drame poétique avec une belle diction et une bonne projection. La soprano chante pour sa part la mélodie Auf dem Wasser zu singen aux accents lumineux et fluides, suivi du paisible Du bist die Ruh sur un texte de Friedrich Rückert. La soprano toulousaine restitue l’atmosphère romantique de ces lieder avec lyrisme et douceur.

Si Schubert nourrissait une foi réelle, il s’éloigna rapidement du catholicisme impérial triomphant de l’ère Metternich et de la dévotion traditionnelle pour un christianisme plus humaniste et personnel. Ainsi, dans chacune de ses six messes, s’est-il abstenu de mettre en musique la phrase du Credo « Et in unam sanctam catholicam et apostolicam ecclesiam », se défiant de l’unicité du salut. Composée à l’âge de 18 ans, la Messe en sol majeur D 167 est la plus courte et la plus simple de ses quatre premières messes, demandant un effectif réduit et présentant un chant à la fois léger et charmant. Elle jouit d’une grande réputation en Autriche, en Allemagne et au Royaume-Uni. Le Kyrie plein de douceur évoque celui de la charmante Missa brevis BWV 235 en la majeur de Bach et le Credo rappelle les messes concises que Mozart composa à Salzbourg.

Après le Credo tout en douceur, on apprécie le Benedictus entonné par la soprano, repris en duo où chante également la partie de ténor, avant les invocations de l’Agnus Dei alternées entre la soprano et le ténor, puis repris par le chœur dans une sereine douceur. Auparavant, avait rejoint au piano pour la délicieuse Fantaisie à quatre mains D 940 de 1828 dans une interprétation quelque peu martiale et trop sonore pour ce sommet des duos pour piano de Schubert. Sous la direction attentionnée de Stéphane Delincak, le chœur est bien équilibré et intelligible dans le latin liturgique pour, au final, une Schubertiade toulousaine en toute simplicité que le compositeur n’aurait pas reniée.

Crédits photographiques : © Alain Huc de Vaubert

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